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Une femme qui regarde son smartphone
© martin-dm via GettyImages

62% des Français ont déjà été victimes de cyberharcèlement

Le 17 févr. 2020

Discours de haine, harcèlement sexuel et revenge porn... il ne fait pas bon scroller sur le net.

Depuis 2016, Microsoft mesure le niveau d’incivilité et de risques sur le web. Entre les trolls, les canulars, les dick pics, les deep fakes, le sexisme et les bonnes vieilles insultes, c’est toujours le Far West sur Internet. Et d’après les résultats de l'édition 2019, les choses ne vont pas dans le bon sens. Un peu partout dans le monde, le cyberharcèlement est en hausse. Même chez le meilleur élève du classement, le Royaume-Uni, 52% de la population a déjà été victime de harcèlement en ligne.

Du côté de la France, 62% des citoyens ont déjà été victimes de cyberharcèlement. Une augmentation de 10 points par rapport à 2018, ce qui fait de l’Hexagone le deuxième pays avec la plus forte hausse. Cocorico ?

Cyberharcèlement, clash et montée du populisme

Avec 25 « risques » identifiés par Microsoft, il n’y a que l’embarras du choix. Et sur le web, le cyberharceleur sonne toujours deux fois, au moins. Ainsi, 75% des victimes ont déjà subi au moins deux « situation de risques » dans leur vie. En tête des formes de cyberharcèlement les plus commune : le harcèlement sexuel. 40% des sondés ont reçu sollicitations sexuelles ou sextos non consensuels plus de trois fois révèle l’étude. Les discours de haine et la discrimination viennent ensuite.

À l’heure où les réseaux sociaux sont devenus de gigantesques terrains de clash, certains sujets favorisent les comportements abusifs. Sans surprise, la politique est citée par 31% des sondés à travers le monde. Les auteurs du rapport notent d’ailleurs que parmi les 25 pays étudiés, beaucoup d’entre eux ont vu une montée « des mouvements populistes et des personnalités qui emploient une rhétorique incendiaire. » Difficile de ne pas voir l’ombre de Donald Trump derrière la formule. Malgré les mouvements body positive, l’apparence physique est également l’un des sujets qui engendre le plus de cyberharcèlement pour 31% des personnes interrogées. On trouve ensuite l’orientation sexuelle, la religion et l’origine ethnique.

Top des sujets qui déclenchent des comportements abusifs

  1. Politique
  2. Apparence physique
  3. Orientation sexuelle
  4. Religion
  5. Race et ethnicité

Tout le monde est concerné, et surtout les femmes

Le harcèlement en ligne concerne tout le monde, des hommes politiques aux ados. Mais les millennials se sentent les plus exposés. Ils sont 73% à exprimer leurs craintes contre seulement 57% de la génération Z. Toute génération confondue, les femmes perçoivent les risques de façon plus importante que les hommes, à 79% contre 66%. Logique, puisque les femmes sont par exemple deux fois plus nombreuses a être victimes de revenge porn que les hommes et bien plus exposés aux « dick pics » non sollicitées.

Le pire, c’est que dans 30% des cas de harcèlement en ligne, le harceleur fait partie du cercle proche de la victime – famille, amis ou collègues. Ainsi, les voisins d’open-space ou un membre de la famille sont coupables dans 9% des cas. Et les conséquences pour la victime augmentent lorsqu’elle connaît son agresseur.

Point positif du rapport, quand même : les ados sont 39% à alerter leurs parents en cas de cyberharcèlement et 46% déclarent savoir où trouver de l’aide si nécessaire. Soit 11% de plus que l’année précédente. C’est déjà ça.

Alice Huot - Le 17 févr. 2020
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