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Kim Jung-Un vs. Sony

Le 4 déc. 2014

La Corée du Nord est soupçonnée d'être à l'origine d'une cyberattaque envers Sony Pictures. En cause : la dernière comédie de Seth Rogen, dans laquelle il a pour mission de tuer Kim Jung-Un.

Quand Sony Pictures a dévoilé cet été les premières images de The Interview, une comédie dans laquelle deux journalistes campés par James Franco et Seth Rogen ont été missionnés par la CIA pour tuer Kim Jung-Un, la réaction ne s’est pas faite attendre. Pyongyang a en effet exigé une intervention auprès de l’ONU pour empêcher la sortie du film, menaces à l’appui.

Une offensive contestable que Sony n’a pas choisi de prendre en considération, continuant la promotion du film. Or, le 24 novembre dernier, soit un mois avant la date de sortie prévue de The Interview aux Etats-Unis, la société de production a été victime d’un piratage informatique : vol et diffusion de données personnelles sur les employés, mais aussi  professionnelles. Les montants des salaires de près de 7 000 employés ainsi que des primes reçues par 17 cadres ont été rendus publics, ainsi que le script d’une série télé écrite par le créateur de Breaking Bad. Certains films du studio ont aussi été hackés et sont désormais disponibles au téléchargement.

Théorie du complot ou doutes fondés, les suspicions à l’encontre de la Corée du Nord vont bon train. Les similitudes entre les attaques commises contre Sony et celles qui ont visé deux chaines de télévision et deux banques en Corée du Sud l’an dernier laissent à penser que ce pourrait bien être le gouvernement nord-coréen qui se cache derrière les initiales #GOP (pour Guardians Of Peace...). Un message des hackers indique par ailleurs qu’il s’agit là de menaces mises à exécution, ce qui pourrait légitimer cette théorie. #GOP ajoute que les informations dévoilées ne constituent qu’une partie des données dont ils disposent, et que « ce n’est qu’un début ». Si Sony a refusé de s’exprimer pour le moment, l’entreprise pourrait bien accuser la Corée du Nord comme étant responsable de ces attaques, selon Re/code. Par ailleurs, le FBI a par ailleurs mis en garde les sociétés américaines contre le malware utilisé par les hackers pour déclencher une cyberattaque à travers les Etats-Unis. De son côté, Lucas Zaichkowsky, expert en cyber-sécurité, doute de la responsabilité du gouvernement nord-coréen : « Quand les Etats sont à l’initiative de cyberattaques, ils ne s’affublent pas d’un nom cool comme Guardians of Peace, ni ne promeuvent leurs actions auprès du public ».

Qu’il s’agisse de l’œuvre d’employés fâchés ou d’un Kim Jung-Un vexé, Sony n’a pas l’intention de revenir sur ses positions, et le public américain pourra visionner The Interview dans son intégralité dès le 25  décembre au cinéma. Pour la France, il faudra patienter jusqu’au 11 février. 

 

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