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Une plage polluée de déchets plastique
© « Dirtiest Porn Ever » - Pornhub

Greenwashing : l’industrie du X peut-elle vraiment se mettre au vert ?

Le 4 sept. 2019

La plateforme de films X Pornhub voulait sauver les abeilles, elle part désormais en campagne pour la protection des océans. Deux initiatives écolos qui nous feraient presque oublier l’empreinte carbone de l'industrie porno... Après le greenwashing, place au pornwashing ?

« Le film porno le plus sale de tous les temps », c’est ce que promet Pornhub dans sa dernière campagne engagée pour la préservation des océans. Trailer aguicheur à l’appui, la célèbre plateforme de films pornographiques montre deux jeunes gens prêts à passer à l’action sur une plage jonchée de déchets. Sa promesse ? Un don offert à l’association Ocean Polymers pour chaque visionnage payant d’une version longue non censurée.

Vous voulez sauver la planète ? Matez du porno.

En matière d’actions écologiques, Pornhub n’en est pas à son coup d’essai. Pour sensibiliser ses quelques 100 millions de visiteurs quotidiens aux difficultés de reproduction des pandas, la plateforme les avait déjà incités à filmer leurs ébats, déguisés… en pandas. Baleines et cétacés avaient également fait l’objet d’une campagne nous enjoignant à regarder toujours plus de contenus X pour lutter contre leur disparition. En avril dernier, la plateforme lançait même sa chaîne « Beesexual », une série de vidéos porno-comiques engagée pour la protection des abeilles.

Le fonctionnement de ces campagnes est toujours un peu le même : les vues engrangées par chaque contenu se transforment en dons versés à des associations. Aujourd’hui, c’est sûr, Pornhub a trouvé son crédo RSE : vous voulez sauver la planète ? Matez toujours plus de porno ! Ces initiatives ont du bon, mais leur raisonnement, lui, reste fallacieux.

La pornographie génère 82 millions de tonnes de CO2 chaque année

Selon un récent rapport du think tank The Shift Project, l’industrie pornographique est à elle-seule responsable de 27% des émissions dues aux vidéos en ligne, soit l’équivalent de 82 millions de tonnes de CO2 chaque année. Les plateformes VOD Netflix, Amazon Prime et consorts occupent quant à elles la première place avec 34% des émissions. Selon le rapport, l’impact carbone de ces services serait équivalent à celui d’un pays comme le Chili. Pire, la recherche toujours plus soutenue de contenus en haute définition (4K, 8K…) pourrait accroître cet impact.

On a donc connu mieux que le porno pour protéger l’environnement. Pour endiguer le phénomène, The Shift Project est formel. Le think tank préconise de limiter la consommation de vidéos en ligne (qu’il s’agisse d’humains en plein coït déguisés en panda ou pas) et d’éviter de partager à outrance des vidéos en haute qualité.

Sinon, il y a toujours l’éco-porn 

Catégorie pornographique d’un nouveau genre, la tendance de l’éco-porn semble en revanche davantage alignée avec les enjeux climatiques du moment. « Have sex. Save the world », c’est d’ailleurs le mantra du collectif norvégien Fuck for Forest. Le but ? Utiliser la pornographie pour ne soutenir que des causes environnementales. Depuis plus de 15 ans, l’association collecte notamment des fonds pour contribuer à la sauvegarde des forêts tropicales. Citons aussi le site sexecology.org. Ici vous ne trouverez pas de contenus en streaming, mais plutôt des expériences sexuelles pour le moins ésotériques avec… la Terre.

Entre nous, il ne faut pas se mentir. Votre meilleure option reste pour le moment de lever le pied sur les requêtes coquines.

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