Deux smartphone en train d'activer la fonctionnalité  - bump -  de Zenly

Zenly, cette petite appli française qui cartonne toujours en Russie

© Zenly

Le réseau social de géolocalisation entre amis est l’une des rares applications occidentales à être encore très utilisée en Russie depuis le début de la guerre. Mais c'est quoi Zenly ? On vous raconte.

Secouer son smartphone pour partager sa géolocalisation avec ses amis est devenu un geste assez banal pour la Gen Z russe. Le « bump » est l’une des fonctionnalités de Zenly. Cette application fondée par deux Français, Alexis Bonillo et Antoine Martin, en 2011 avant d’être rachetée par Snap Inc. en 2017 était passée un peu sous les radars jusqu’ici. Mais l’application, qui vient de s’offrir un profond ravalement, semble sur le retour. Elle est notamment devenue très populaire en Russie ces deux dernières années. Ce serait même la troisième application la plus téléchargée du pays derrière TikTok et Telegram avec un pic de téléchargements au deuxième trimestre de 2021, pointe un rapport de Data.ai.

Construire la carte de son propre monde

Le réseau social se présente comme un moyen « de construire la carte de son propre monde », dixit une porte-parole de l’application interrogée par L’ADN. Elle permet d’organiser des événements de manière impromptue selon la localisation de ses proches, car l'appli propose également une messagerie. Mais c’est aussi un moyen de savoir où se trouvent ses amis en temps réel et donc ce qu’ils font à tout moment. Contrairement aux autres applis sociales, Zenly ne s’ouvre pas sur un flux de photos ou sur une caméra mais sur une carte. Depuis le redesign de l’application, de nouvelles fonctionnalités permettent notamment de créer son « empreinte », c’est-à-dire une sorte de portrait numérique selon les lieux que vous avez déjà visités, mais aussi de rechercher des informations sur un lieu. Bref l’appli tente de rendre les « cartes sociales » de nouveau cool, comme le pointe Tech Crunch

Zenly est aussi l’une des rares applications occidentales à encore opérer en Russie et à être encore massivement utilisée depuis le début de la guerre en Ukraine. Instagram et Facebook ont été suspendus par le gouvernement russe en mars 2022 pour extrémisme. 

Par ailleurs, plusieurs entreprises de la tech ont décidé d'appliquer des sanctions économiques envers la Russie. Snap a indiqué qu’elle continuerait à opérer en Russie mais qu’elle cesserait d’y diffuser des publicités. « Zenly continue d’être l’une des plateformes de messagerie et applications sociales disponibles en Russie et reste un outil de communication important pour les amis et la famille » , confirme une porte-parole de l’application qui ne souhaite toutefois pas donner le nombre d’utilisateurs dans le pays. Elle précise que Zenly est basée à Paris et n’a pas de bureau en Russie et « ne monétise nulle part dans le monde et ne perçoit donc pas de revenus d’entités publiques russes » .

Le retour d’une appli oubliée 

La Russie n’est pas le seul territoire où l’appli de géolocalisation connaît un regain d’intérêt. Une croissance internationale que la porte-parole associe à « la fin des confinements et restrictions » et au besoin des utilisateurs « de s’exprimer au travers des lieux où ils se trouvent dans la vraie vie ». Surtout utilisée par les ados en France à ses débuts, l’appli serait dorénavant adoptée par différentes tranches d’âges. Et le nouveau design toujours très pop – mais un peu plus sobre – de l’application semble vouloir confirmer cette tendance.

Zenly revendique aujourd’hui 35 millions d’utilisateurs actifs par mois, contre environ 4 millions en 2017 au moment de son rachat. On est très loin du milliard d’utilisateurs actifs de TikTok et du 1,3 milliard d’Instagram. Mais au niveau mondial, Zenly se positionne tout de même à la dixième place des applications sociales les plus téléchargées selon data.ai en mars 2022. Et sa croissance en matière de nombre d’utilisateurs serait plus rapide que celle de Twitter ou de Discord, pointe Tech Crunch

La plus grande base d’utilisateurs serait selon l’application localisée au Japon. Les Russes, Brésiliens, Mexicains et Indonésiens en seraient aussi friands.  

L’appli reste par ailleurs floue sur son business model, elle ne monétise pas les interactions pour le moment. 

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