habillage mobile
premium 1
premium 1
actu_31977_vignette_alaune

Portrait de startup : Zenly

Le 25 mai 2016

Zenly c’est l’histoire d’une startup qui a réussi là où les géants de la Silicon ont échoué : mettre au point un service de géolocalisation sur mobile ultra précis, en temps réel et sans consommer nos batteries. Un succès immédiat et qui vient de lever 10 millions d’euros.

Comme souvent lorsqu’on remonte aux origines d’une startup, on découvre une histoire d’amitié. Zenly n’échappe pas à la règle : ses fondateurs Alexis Bonillo et Antoine Martin se connaissent depuis longtemps. Passionnés  de nouvelles technologies, ce sont de fervents utilisateurs de Foursquare ou encore Gowalla. Pourtant ces applications sociales de check-in leur paraissent encore limitées : trop de frictions entre les applications, d’étapes à passer, et surtout une envie d’accéder à la position d’un ami, plutôt qu’à une adresse.

« Début 2012, après une étude de marché, nous sommes arrivés à la conclusion que la majorité des gens avait peur de la géolocalisation. Les seules verticales acceptées étaient la famille et la sécurité. Les parents sont prêts à tout pour la sécurité de leurs enfants et, en ce sens, trouvaient la géolocalisation très utile. », précise Alexis Bonillo, co-fondateur et directeur général en charge du marketing de Zenly. « Nous avons lancé notre premier produit alert.us, en 2013 sur iOs, android et Blackberry : en quelque mois, et sans communication, le service comptabilisait  plus de 200 000 téléchargements. »

Un succès rapide qui leur permet d’identifier très vite un bug de taille : la géolocalisation en temps réel vampirise la batterie. Ce petit bug a été le challenge d’une vie : la société a mis 24 mois à rectifier la faille. « Facebook et Google ne sont jamais parvenus à proposer un service en temps réel qui ne ruine pas la batterie du téléphone. Sur Facebook, il est aujourd’hui possible de localiser ses amis, mais la position indiquée est souvent très approximative - en nombre de kilomètres -  et avoir plusieurs minutes d’ancienneté. L’application Apple, elle, en plus de ces désagréments, ne fonctionne qu’en cercle fermé : un utilisateur iPhone et un utilisateur d’une autre marque ne peuvent partager leurs positions. Certaines sociétés de restauration, comme Take eat easy, proposent à l’utilisateur de suivre le coursier en ligne : cela fonctionne sur une durée très limitée. », Alexis Bonillo.

Cette réussite tient au fait que la startup a su s’entourer. « Nous avons levé environ 2 millions d’euros pour financer la R&D entre avril et mai 2013. En août 2014, voyant que nous n’y arrivions pas, nous avons recruté Laurent Cerveau, désormais notre CTO (Chief Technology Officer). Celui-ci a passé 10 ans chez Apple à Cupertino. Des anciens de Google et d’Apple, nous ont également rejoints, des personnes avec des doctorats, afin de produire le meilleur algorithme. alert.us est alors devenu Zenly.», Alexis Bonillo.

 

Devenue un véritable blockbuster chez les adolescents quelques mois après le lancement sa version beta (plus de 1 million de téléchargements dans 182 pays), la start-up française vient d’annoncer une levée de fond de 10 millions d’euros et compte parmi ses investisseurs ID Invest (3,5M€), Xavier Niel (3,5M€) ainsi que des entrepreneurs de la tech tels que Solomon Hykes (CEO Docker), Edward Bouygues, Maxime Prades (Zendesk) et des business angels américains.

« ‘T’es où, tu fais quoi ?’. Zenly s’adresse vraiment à la génération Z,  ceux qui ont grandi avec des applications de partage de contenu et sont complètement décomplexés par rapport à ça : ils s’en servent pour se retrouver devant le collège, le terrain de sport, la plage, etc… », Alexis Bonillo.   

Pourquoi Zenly ? Pour désamorcer toute forme d’inquiétude face à la géocalisation et en faire quelque chose de cool, de zen. Le branding est d’ailleurs très frais, très adolescent : une glace représente les bons moments passés avec ses amis, en référence à Steve Jobs. Celui-ci avait déclaré à propos des boutons de OS X : « Nous les avons conçus tellement beaux que vous aurez envie de les lécher ! ».

Gratuit, traduit en 22 langues, Zenly affiche 10 % de croissance par semaine d’utilisateurs. « On ne se pose pas la question de la monétisation pour le moment. Il y a eu trop d’exemples de startups françaises, versus des startups américaines, à qui on a demandé de se monétiser beaucoup trop tôt alors qu’elles n’avaient pas encore la masse critique d’utilisateurs. Pour l’instant, notre seule prérogative est de créer un produit qui plaise aux utilisateurs, que ceux-ci l’ouvrent une dizaine de fois par jour, tous les jours, partout dans le monde… ensuite on se posera éventuellement la question de la monétisation.»

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.