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un enfant fait une tête outrée en lisant un journal
© MartiSaiz via Getty Images

Avant d'acheter un smartphone aux enfants, abonnez-les à un média

Le 23 mai 2019

Les enfants abandonnent le format papier au moment où ils entrent au collège. En attendant, les juniors peuvent plonger dans ces médias papier faits pour eux, et qui leur donnent de bonnes clés de lecture pour découvrir le monde.

Intéresser les enfants et les préadolescents à l’actualité, c’est un vrai sacerdoce. Les jeunes sont en effet équipés de plus en plus tôt de téléphones portables sur lesquels ils passent beaucoup (trop) de temps. Que ça soit sur Yubo ou sur YouTube, ils sont rapidement exposés à des théories du complot ou des influenceurs peu regardants sur l’éthique. Pour lutter contre les intox ou les préjugés, de nouveaux médias tentent de grappiller un peu de leur attention pour mieux les éduquer.

La presse pour enfants, premier rempart contre le complotisme

C’est notamment l’idée du P’tit Libé, un hebdomadaire créé il y a trois ans et disponible sur le web en format PDF à imprimer. « On a créé le journal après les attentats de Charlie Hebdo, explique Cécile Bourgneuf, co-créatrice du magazine. On a vu à l’époque que beaucoup d’enfants étaient très sensibles aux fake news ou aux théories du complot. On a eu l’idée d’expliquer l’actualité de manière très graphique en abordant un sujet à la fois. »

Majoritairement utilisé dans la salle de classe grâce à des abonnements souscrits par des instituteurs.trices, ce genre de publication est généralement la porte d’entrée des enfants dans le monde des médias. Le journal en profite aussi pour traiter des sujets pas toujours évidents comme le Brexit, les forces de l’ordre ou les manifestations en Algérie. « On peut évoquer tous les sujets avec les enfants, à partir du moment où l’on utilise un vocabulaire adapté », indique Cécile Bourgneuf. 

Lutter contre les préjugés sexistes

En plus de lutter contre les fake news, la presse pour enfants peut aussi s’attaquer au sexisme. C’est le cas de Tchika ; un magazine pour jeunes filles imaginé par Élisabeth Roman, ancienne rédactrice en chef de Science&Vie Découverte. Ici on ne trouve pas de contenus genrés, à base de princesses et de poupées. Tchika prend le parti d’éduquer au féminisme dès le plus jeune âge. « Lors de mon dernier poste, je me suis rendu compte qu’on était moins lu par les filles, explique-t-elle. Ça s’explique par le fait que dès leur plus jeune âge, elles subissent des injonctions pour ne pas s’intéresser à la science. Quand est arrivée l’affaire MeToo, j’ai voulu proposer un magazine un peu différent qui puisse dire aux filles qu’elles peuvent faire ce qu’elles veulent. Dans chaque numéro, on s’attaque à un mythe ou une infox, comme par exemple, l’usage de la couleur rose et du bleu pour différencier les sexes. »

Uniquement prévu en format papier, Tchika devrait aussi connaître une extension web pour informer les parents sur le sexisme. Cependant Élisabeth Roman estime que le format papier reste le meilleur moyen d’atteindre les jeunes. « Dès qu’ils ont un portable, ils vont sur YouTube ou ils font des jeux, explique-t-elle. En tout cas ils ne lisent pas vraiment sur le web et à partir de ce moment-là, on les perd. »

Jouer sur les deux tableaux

1jour,1actu a quant à lui décidé de jouer sur les deux tableaux. Lancé par Milan Presse il y a 6 ans, le magazine se décline sous la forme d’un poster à déplier. Ce dernier retrace les grandes actualités de la semaine de manière très graphique.

« L’idée est de pouvoir le regarder et le lire avec des adultes afin de lancer une conversation sur un sujet, explique la rédactrice en chef Malicia Mai-Van-Can. L’avantage du papier est de pouvoir apprendre aux enfants comment hiérarchiser une information. Mais on a aussi constaté que les jeunes abandonnent l’envie de lire à l’entrée du collège. Comme ils sont sur YouTube on a donc décidé de les accompagner aussi sur cette plateforme. On a lancé un format vidéo d’une minute trente qui est aussi diffusé sur France 4. On s’est notamment inspiré de ce que font les youtubeurs avec de la connivence et une voix bien identifiée pour attirer un jeune public». La chaîne cumule pour le moment plus de 169 000 abonnés. C’est encore loin des influenceurs les plus connus, mais c’est déjà un bon début.

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