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un petit garçon dans un champ sur un tabouret qui parle dans un haut parleur
© Getty Images

Tendances : ces médias qui veulent changer le monde

Le 19 avr. 2019

Pour sa troisième saison, le Tank Média a présenté ses médias incubés. La variété est au rendez-vous, mais une thématique semble se démarquer. Au-delà du simple support d’information, comment les médias peuvent-ils faire bouger les lignes de notre société ?

Après avoir lancé son appel à projets en janvier 2019, le Tank Média a présenté les 7 médias incubés pour cette troisième saison. Pour rappel, ce programme d’incubation propose aux journalistes ou entrepreneurs, trois mois de formation et d’échanges afin d’accélérer le développement de leur projet. Les années précédentes plusieurs médias comme Tchika magazine, le podcast Happy end, ou bien encore Takemind, sont passés par là et poursuivent à présent leur phase d’expansion.

La liste des sept incubés passés sur scène

  • Bouche Magazine de Léo Bourdin, un magazine dédié au monde de la gastronomie, et entièrement réalisé sur Instagram.
  • Couture Enfant & Tricot Débutant, une chaîne YouTube, créée par Julien Campan et qui, comme son nom indique, réalise des tutoriels « bien filmés » pour apprendre à coudre et à tricoter des vêtements pour les enfants.
  • Internet Actu, un pure player créé en 2002 et spécialisé sur le numérique. Présenté comme le « papi » de la bande, son fondateur Hubert Guillaud cherche à passer d’un média critique envers la tech, à un média plus activiste.
  • Mecha Media de Martin Gamarra est un studio de podcasts qui sert de base à différentes émissions sur la musique ou le cinéma français.
  • PegaseBuzz, une application lancée par Roxanne Legendre et qui propose aux abonnés un fil d’actualité personnalisé sur le monde du cheval.
  • 99.media, une plateforme de traduction et de diffusion gratuite de documentaires. Créé par Jérôme Plan, le média traduit des courts métrages en 6 langues et assure son business en vendant des licences d’exploitations à des associations ou des festivals.
  • Me My Sexe And I, d’Axelle Jah Njiké est sans doute le média qui a touché le plus de monde. Il s’agissait au départ d’une simple série de podcasts qui partagent les histoires intimes de femmes noires. Sa créatrice veut cependant passer à l’étape supérieure et créer un lieu de rencontres et de libération de la parole.

Comment passer au-delà du média ?

Si la plupart des incubés s’inscrivent au programme pour passer à la vitesse supérieure, une autre tendance semble aussi poindre le bout de son nez. Elle concerne, Me My Sexe And I, Internet Actu et le Magazine Tchika, qui était passé par le même programme lors de la précédente saison. Le point commun de ces trois médias est justement de vouloir proposer des solutions concrètes aux enjeux de sociétés actuels.

Un média pour changer le regard des petites filles

Pour Élisabeth Roman, l’idée est de créer un magazine pour petites filles qui puisse porter des valeurs féministes auprès de son public, mais aussi auprès des parents. « Dans une grosse boîte, on lance un magazine comme on lance un nouveau produit, explique-t-elle. Quand on crée des médias en indépendant, on est très seul, mais on est aussi très convaincu de la pertinence de notre propos et on voit l’impact que l’on peut avoir sur les gens. Cet impact et le soutien que l'on reçoit nous poussent très vite à aller plus loin. Finalement, les nouveaux médias fonctionnent un peu comme les influenceurs. Le public a envie de suivre une personne ou un projet qui porte des valeurs. »

Un média qui veut poursuivre un travail thérapeutique

Pour Axelle Jah Njiké, la volonté de monter un lieu qui pouvait assurer la continuité de son podcast s’est imposée à elle-même. « Après avoir fait le podcast, j’ai reçu des retours déchirant sur certaines thématiques très lourdes que j’avais pu traiter, comme le viol ou l’inceste. Il s’agit de sujets tabous dans la communauté noire. J’avais l’impression de laisser repartir des jeunes filles dans la nature sans pouvoir les aider. Certaines d’entres elles ont besoin d’un endroit où elles pourraient venir échanger avec d’autres personnes qui ont pu vivre les mêmes choses ou entendre des avis d’experts et trouver cette résilience. »

Un média pour rendre la critique de la tech plus concrète

Du côté d’Hubert Guillaud enfin, cette incubation est aussi vue comme une période de réflexion pour trouver la prochaine étape d’Internet Actu. « Ce n’est pas parce qu’on est un vieux média qu’on ne doit pas évoluer, estime-t-il. Au bout de 16 ans, c’est bien de se demander où l'on va, et ce qu’on ne veut pas faire aussi. On le fait aussi à un moment ou la critique technologique n’a jamais été aussi sourde, dans le sens où il se passe quelque chose, mais on n’arrive pas à concrétiser quoi que soit. Même avec les scandales liés à Facebook, on continue de l’utiliser. L’idée c’est de comprendre comment mobiliser la société, comment devenir un média activiste. Mais cette question, elle peut se poser aussi à d’autres médias déjà bien installés, comme Médiapart. On doit trouver comment aller plus loin que la simple information que l’on donne. »

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