Clown du mème sur fond d'incendie

Malheurs Actuels, le « Gorafi vert » : le dérèglement du climat aussi peut être drôle

L'actualité liée au dérèglement climatique est sinistre et nous angoisse ? Un nouveau média satirique a décidé de s'attaquer au sujet en nous faisant rire.

« (Dé)croissance : nos 10 conseils pour mieux polluer », « Tendance : le co-flying, solution des milliardaires pour le climat », « La Baule : un golfeur dévoré par des riverains » … Il souffle un vent nouveau dans la presse satirique. Alors que le Gorafi a perdu ses griffes après avoir été revendu à l’entreprise de divertissement DC Company, un nouveau challenger a décidé de plonger sa plume dans la plaie du dérèglement climatique et de l'absurdité de nos choix. Son petit nom ? Malheurs Actuels, en référence au média ultra-conservateur — et pas forcément porté sur l’écologie — Valeurs Actuelles.

Rendre l’écologie moins angoissante

Co-créé par Albin Wagener, enseignant-chercheur et auteur du livre Mémologie consacré aux mèmes et Florian Doyen, fondateur du site Challenge for Earth, Malheurs Actuels a pour objectif de faire rire les convaincus et faire réfléchir les plus indécis. « On sait déjà que l’on fait rire les gens qui sont sensibles à la cause écolo puisque c’est notre cas, explique Albin Wagener. Mais ce que nous voulons, c’est que cette communauté partage nos posts et nos articles pour qu’ils puissent toucher les gens qui se sentent moins concernés ». Un peu à la manière des Guignols de l’Info, ou de la grande période du Gorafi, l’humour reste pour Albin, une très bonne porte d’entrée vers une actualité souvent angoissante.

La rédaction du rire

Avec une équipe au départ composée de 5 personnes, la rédaction virtuelle de Malheurs Actuels compte à présent une douzaine de bénévoles travaillant principalement sur Slack. « Concrètement, on fabrique un réservoir de brèves que l’on peut sortir quand on veut et on écrit des articles plus longs qui essayent de coller à l’actualité, explique Albin Wagener. On lance des idées autour de blagues et, en fonction de l’humour de chacun, on peaufine les punchlines pour les sortir rapidement. Certains préfèrent taper dans l’absurde, moi je penche plus vers la dystopie… En fin de compte, on se complète bien ». Du côté de la ligne éditoriale, l’accent est surtout mis sur l’inaction écologique, le greenwashing et bien évidemment les sorties médiatiques hors sol que l’on a pu observer cet été, celles sur les jets privés ou les pelouses de golfs. Les résultats sont plutôt aux rendez-vous puisque le média satirique cumule déjà près de 14 500 abonnés sur LinkedIn (contre 2 500 pour le vrai média Valeurs Actuelles). De quoi encourager Albin et ses comparses à poursuivre dans cette direction avec la création d’une association pour structurer juridiquement la rédaction ainsi que la constitution d’une charte éthique. Eh oui, même faire rire, demande un peu de sérieux.

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