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un homme portant un masque de cochon regarde un ordinateur
© MoreISO via getty image

Pourquoi les sites coquins modèrent mieux leurs contenus que Facebook

Le 13 nov. 2019

Sur certains sites pour adultes, vous ne verrez jamais de contenu qui puisse contrevenir à la loi pour la simple et bonne raison que l’ensemble des vidéos sont regardées avant d’être diffusées.

Facebook a un problème de modération et ce n’est un secret pour personne. Entre l’attentat de Christchurch qui fut diffusé en direct sur la plateforme, les milliers de vidéos au contenu violent qui traumatisent à vie les modérateurs, et sa politique stricte sur les tétons de femmes, le réseau social est constamment pointé du doigt comme l’exemple à ne pas suivre.

Dans un autre style, il existe un site exemplaire en matière de modération. Il s’agit de xHamster, troisième plus gros site porno mondial avec plus de 10 millions d'abonnés. Son secret ? Chaque vidéo soumise est visionnée avant sa diffusion.

Comment les sites porno évitent le pire

Il faut savoir que ces sites dédiés au plaisir onaniste sont soumis à des règles très strictes. D’après le média OneZero, il existe plus de 2 257 régulations qui encadrent la diffusion de films pornos aux États-Unis. Hors de question de mettre en ligne du contenu pédopornographique ou zoophile par exemple, au risque de se voir condamner. Pour éviter la fermeture, la plateforme xHamster passe en revue près de 7 000 vidéos par jour.

Pour réaliser cette modération a priori, le site utilise des algorithmes de reconnaissance visuelle et fait aussi appel à de très nombreux volontaires. Ces derniers regardent plusieurs dizaines de vidéos par jour en échange de récompenses, comme des abonnements gratuits par exemple. D’après Alex Hawkins, vice-président de xHamster, cette méthode permet de détecter en avance les contenus illégaux, soit une vidéo sur 20 000 environ.

Une épidémie de vidéos pédopornographiques

De manière globale, les grandes plateformes du web comme Facebook ou Google estiment avoir repéré et modéré près de 45 millions d’images et de vidéos à caractère pédopornographique sans pour autant pouvoir mettre fin à leur publication. Dans un article long format du Times, consacré au phénomène, on apprend que ce chiffre s’élevait à 1 million en 2014. En décembre 2018 Tumblr avait d’ailleurs interdit le contenu pornographique à cause du nombre de photos illégales qui étaient publiées.

Face à cette épidémie de contenus, même les « digues » historiques peuvent céder. Ainsi la firme Cognizant qui avait signé un contrat de 200 millions de dollars avec Facebook a annoncé en octobre 2019 refuser de retravailler avec le réseau social. En 2018, un employé de cette entreprise de modération avait mis fin à ses jours au bureau.

David-Julien Rahmil - Le 13 nov. 2019
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