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Une femme faisant du shopping sur son smartphone
© Squadded Shopping Party

Shopping squad : du shopping en ligne, mais ensemble

Le 12 mai 2020

Mesures de distanciation physique obligent, les virées shopping n’ont pas vraiment la même saveur qu’avant le confinement. Pour celles et ceux qui seraient en manque, une plateforme permet de faire du e-shopping… en bande.

Il aura suffi d’un jour de déconfinement pour s’en rendre compte : la distanciation physique aura du mal à résister aux virées shopping à plusieurs. Magasins Zara bondés, files d’attentes devant chez Primark… on dirait bien qu’entre la crainte du virus et celle des garde-robes non renouvelées, certaines personnes ont fait leur choix.

Pourtant, ce n’est pas comme si le e-commerce avait baissé les bras pendant le confinement : dès la fin du mois de mars, le trafic vers les boutiques en ligne enregistrait une augmentation de 13% en France.

Alors quoi ? Est-ce que faire la queue et les cabines d’essayage trop petites nous ont manqué tant que ça ?

Pas vraiment, selon Elysa Kahn. Pour cette ancienne de L’Oréal, ce qui manque surtout dans nos expériences de e-commerce, ce sont… nos potes.

On achète plus en bande qu’en solo

Pour Elysa Kahn, c’est clair : on shoppe plus facilement en groupe. « L’idée de pouvoir parler à mes amis et d’avoir un avis authentique quand je fais du shopping est très important pour moi », explique-t-elle dans les colonnes de Vogue Business. Et de fait : selon Max H. Brüggemann, directeur de l’engagement client chez Capgemini Invent, on a tendance à considérer qu’un achat est moins « risqué » lorsque l’on reçoit l’approbation de son entourage.

Avec cette info en tête, Elysa Kahn a développé une plateforme pour faire du shopping à plusieurs… tout en restant chez soi. Baptisée Squadded Shopping Party, elle permet d’inviter ses BFF lors de sessions shopping virtuelles.

Le shopping squad cartonne en Chine

Le « e-commerce social » est déjà bien ancré dans les mœurs en Chine, où il est prévu que les dépenses atteignent 413 milliards de dollars sur le secteur d’ici 2022 d’après le cabinet Frost & Sullivan. Ainsi, depuis 2015, la plateforme shanghaienne Pinduoduo (« ensemble, on obtient plus ») encourage ses utilisateurs et utilisatrices à former des sortes de « squads » de shopping sur les médias sociaux pour acheter des objets en groupe et obtenir des promotions. Évidemment, plus il y a d’acheteurs et d’acheteuses, plus les promotions sont importantes. Et ça cartonne : il s’agit de la deuxième application de e-commerce la plus téléchargée après Taobao (Alibaba). Même constat pour la partie e-commerce social de JD.com, dont les ventes pour la partie shopping virtuel en groupe lors du premier trimestre 2020 ont surpassé celles de l’année 2019 dans son intégralité.

Bientôt, toute notre vie sociale depuis notre canap’ ?

L’initiative s’inscrit dans une tendance plus globale. Au Japon, la société ANA a développé des « robots touristiques » pour voyager depuis son canapé. En mars, Netflix a lancé son service Netflix Party, pour regarder des séries à plusieurs personnes, mais chacune de son côté. Et depuis l’explosion de la visio, on peut même prendre des apéros avec ses proches à distance.

On résume : dans le monde d’après, on consomme toujours autant, pas forcément plus responsable, et on ne voit ses potes que par smartphone interposé. Un peu flippant. Mais heureusement, ce n’est que l’un des scénarios offerts par la sortie de crise. D’après l’expert en développement durable Gunter Pauli, il ne tient qu’à nous de changer la donne. On s’y met ?

Mélanie Roosen - Le 12 mai 2020
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