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Des poings levés en signe de protestation

Travailleurs de la tech, unissez-vous (et râlez un bon coup) !

Le 26 avr. 2018

C’est le cri du cœur d’un journaliste américain : il en est persuadé, en se retournant contre leurs entreprises, les employés des GAFAM pourraient donner à la tech l’éthique qui lui manque. Convaincus ?

Au travail, on dit souvent que nul n’est irremplaçable. La Tech contredirait-elle l’adage ? C'est l'avis de Kevin Roose, journaliste du New York Times. Pour lui, ce qui détermine le succès ou non d'une entreprise de la Tech, c'est « son habileté à attirer et retenir les meilleurs talents ».

Dans un contexte où géants et startups de la Silicon Valley se font attaquer de toutes parts pour des pratiques douteuses (harcèlement sexuel, non-respect de la vie privée, discrimination…), les cool kids des années 2000 deviennent les nouvelles cibles à abattre. Kevin Roose fait l’analogie avec l’industrie du tabac – qui empoisonne nos poumons, là où la tech empoisonne nos cerveaux. Le résultat, ce sont des employés pris de remords, « qui n’osent même plus arborer le t-shirt de leur entreprise à travers la ville ».

Plutôt que d'accepter sans broncher la situation, Kevin Roose invite les travailleurs et travailleuses de la Tech à se rebeller. Il insiste : « vous êtes le capital le plus important de vos employeurs ! »

Dans la course aux talents, qui rythme la vie des entreprises spécialisées, chaque boss tente de créer des conditions de travail de rêve – si les employés sont heureux, ils restent. S’ils ne le sont pas, ils iront voir ailleurs et n’auront aucun mal à trouver un job – ce qui n’est pas le cas dans tous les secteurs. Mieux vaut tout faire pour les garder. Quitte à changer sa ligne de conduite ? « Vous avez le pouvoir de faire en sorte que la technologie soit plus éthique et prenne une autre direction », écrit-il dans son article.

Pour en arriver là, il faut s’organiser, se réunir et prendre la parole… En public. Il rappelle les sombres histoires de harcèlement sexuel qui étaient monnaie courante chez Uber : de nombreuses femmes se sont plaint en interne, mais il aura fallu attendre que Susan Fowler publie son histoire pour que les choses ne bougent. Kevin Roose va jusqu’à émettre l’hypothèse que sans elle, Travis Kalanick tiendrait peut-être toujours les rênes de l’entreprise.

Sans oser rêver à une syndicalisation massive, Kevin Roose espère que les employés se rendent compte de leur pouvoir. « Que se passerait-il si les ingénieurs d’Amazon quittaient le navire à moins que le management n’augmente les salaires de celles et ceux qui travaillent dans les entrepôts ? », s’interroge-t-il. « Et si les employés de chez Twitter ou Google jetaient l’éponge tant que la direction refuse d’agir contre les utilisateurs radicaux ou extrêmes ? »

Il rappelle que certains n’ont pas hésité à prendre la parole pour décrier les affinités politiques de leurs boss… « Ça peut aller plus loin », encourage-t-il. À voir si sa tribune ouvrira la voie à un quelconque mouvement : entre les anciens qui se repentent et ceux qui appellent à trouver de nouveaux modèles, une voie pour les projets plus respectueux de l’utilisateur (et de l’humain en général) semble s’ouvrir.


Crédit image d’illustration : Getty Images

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