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Justin Timberlake jouant Sean Parker dans le film Social Network

Un ancien de Facebook balance : « Je ne laisse pas mes enfants utiliser cette m*rde »

Le 13 déc. 2017

Les ex-dirigeants de Facebook se lâchent : le réseau, telle une bête monstrueuse, « exploite la vulnérabilité humaine »,« déchire le tissu social », et abrutirait les enfants...

A coups de mea culpa publics, d'anciens gros bonnets de chez Facebook expriment leurs regrets d'avoir participé à la création du monstre qu’est devenu le réseau de Mark Zuckerberg.

Le discours de Sean Parker, ancien président de Facebook, prononcé en novembre dernier sur la scène d’un événement organisé par Axios, est cinglant : « Facebook a été conçu pour exploiter la “vulnérabilité” humaine. Nous le savions, et nous l’avons fait consciemment. » Il ajoute que le réseau « impacte probablement notre productivité. Dieu seul sait quel effet il peut avoir sur le cerveau des enfants ».

Une position qui fait écho à celle de Chamath Palihapitiya, ancien vice-président en charge de la croissance de l’audience, exprimée devant un parterre d’étudiants de Stanford. Il expliquait être rongé par les remords et « avoir toujours su, quelque part, que quelque chose de mal pourrait arriver ».

Selon lui, Facebook déchire le tissu social. Et de poursuivre : « Je vous encourage à vous rendre compte à quel point c’est important : si vous nourrissez la bête, elle vous détruira. Si vous la repoussez, vous aurez une chance de la contrôler ». Il explique ne plus utiliser, à titre personnel, les réseaux sociaux en général, et défendre ses enfants d’y toucher.

Chamath Palihapitiya, Founder and CEO Social Capital, on Money as an Instrument of Change
Restées muettes après les déclarations de Sean Parker, les équipes de Facebook sont montées au créneau suite à celles de Chamath Palihapitiya. The Verge rapporte ainsi qu’un porte-parole de l’entreprise les qualifie de « dépassées ». « Chamath a quitté Facebook depuis plus de six ans. Lorsqu’il y travaillait, nous étions concentrés sur la façon de créer de nouvelles expériences sociales et d’accroître l’audience de Facebook à travers le monde. L’entreprise est très différente aujourd’hui, et nous avons pris conscience que nos responsabilités doivent s’accroître en même temps que la taille de la société ».

Difficile de ne pas penser aux démêlés qu’ont eu les géants du net avec la justice américaine, après la découverte de publicités qui auraient été financées par la Russie au profit de l’élection de Donald Trump – Facebook en a d’ailleurs à ce titre remis 3 000 au Congrès. « Nous fournissons ces contenus au Congrès car nous voulons faire notre part pour aider les enquêteurs à mieux comprendre l’ingérence russe dans le système politique américain et expliquer ces activités au public », avait alors déclaré le groupe.

Dans un autre style, Antonio Garcia-Martinez dans son livre Chaos Monkeys, ancien Product Manager de Facebook, se faisait un plaisir de laminer les grosses pointures de la tech, affirmant que si « le monde de la Silicon Valley n’est pas pire que celui de l’industrie traditionnelle ou de la politique, il n’est certainement pas meilleur non plus ». Rassurant…

Plus récemment, Susan Fowler, ingénieure chez Uber, avait ainsi dénoncé la culture du sexisme qui y régnait.

Des révélations coups de poing qui font parfois très, très mal au business. Uber, malgré de nombreuses tentatives pour se relever, souffre d’une réputation difficile à redorer.

 

Certes, on pourrait soupçonner Sean Parker de rancœur – il s’est fait renvoyer de la firme après avoir été arrêté en possession de cocaïne. Mais on peut aussi se souvenir que Bill Gates et Steve Jobs, eux aussi, étaient très stricts concernant l’utilisation de la technologie par leurs enfants et de tous les experts qui dénoncent l'effet dévastateur des grandes entreprises de la tech sur nos émotions, nos esprits et l'addiction qui nous lie aux réseaux.

C'est plutôt clair non ?

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