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Une jeune femme asiatique en train de se prendre la tête entre les mains derrière son ordinateur
© Andrea Piacquadio via Pexels

Les millennials voulaient plus de télétravail, le confinement les en a dégoûtés

Le 1 juill. 2020

Une étude révèle que le télétravail, pourtant prisé avant le confinement, a été difficilement vécu par une grande partie des plus jeunes.

Sentiment de solitude, mauvaise transmission de l’information, journées sans cesse interrompues par des conf-calls… le confinement a mis en lumière les dérives du télétravail, et les difficultés ressenties par les plus jeunes. Une étude menée par Smartsheet révèle ainsi que 81% de la génération Z et des millennials qui ont travaillé à distance pendant la pandémie ont ressenti un manque de connexion avec leurs collègues, et 71% ont souffert du manque d’information.

Les millennials en ont marre du télétravail

L’étude se concentre sur les écarts de ressenti entre les jeunes recrues et les plus expérimentées. Ainsi, les millennials et les Z ont noté plus de difficultés à communiquer avec leurs collègues, à s’organiser et à prioriser les tâches.

Pourtant, les jeunes générations sont souvent vues comment étant celles qui plébiscitent le plus ces modes de travail. Dans son ouvrage Les Nouveaux Nomades, Maxime Brousse explique comment les réseaux sociaux accentuent cette envie de travail dématérialisé. Quant aux équipes de Mazars, elles s’étaient rendu compte que les 15-24 ans souhaitaient combiner la sécurité du CDI sans la contrainte de « l’enfermement ».

Ne pas confondre télétravail choisi et télétravail subi

Qu’est-ce qui explique alors que les plus jeunes aient si mal vécu le travail à distance pendant le confinement ? Pour Laëtitia Vitaud, experte du monde du travail et des organisations, c’est que nous nous trompons de sujet de conversation. « On ne peut pas parler du télétravail comme si la situation était normale », nous explique-t-elle. Le télétravail, en général associé à des notions d’agilité, de liberté ou d’adaptation a une toute autre saveur lorsqu’il est imposé. « Certaines personnes ont été confinées dans des lieux terribles, rien n’a été préparé, et dans la majorité des cas, on n’a pas eu le temps de faire l’audit du matériel à disposition. » C’est sûr qu’on est bien loin de l’image des digital nomads qui vont bosser les pieds dans l’eau. En confinement, pas moyen de s’échapper, ou de s’évader : on est a priori derrière son bureau toute la journée. « C’est une vraie intrusion dans notre intimité. Nous n’avons nulle part où aller ! Et c’est quelque chose de complètement nouveau : faire du télétravail en temps normal, c’est organiser sa journée comme on l’entend. » Rien à voir avec ce qui s’est passé pendant la période, donc. Quand l’idée d’un télétravail libérateur et agile se confronte à une réalité intrusive et subie… forcément, ça clashe. Pourtant, Laëtitia Vitaud en est convaincue : « on ne pourra pas revenir en arrière. » Pendant le confinement, elle expliquait d’ailleurs que tout le monde serait content de retourner au bureau. Mais sur le long terme, impossible de le nier : oui, certaines tâches peuvent se faire à distance. Si c’est dans de bonnes conditions… c’est sûr que c’est mieux.

Mélanie Roosen - Le 1 juill. 2020
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