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Un packaging zéro déchet de Häagen-Dazs à la fraise
© Loop - Haagen Dazs & Milkos via Getty Images

Coca, Evian, Carrefour, Häagen-Dazs... Les grandes marques se mettent au zéro déchet

Le 28 janv. 2019

Loop : c’est le nom de la plateforme créée par les géants de la grande conso, avec l’objectif de vendre vos produits préférés en mode zéro déchet. Carrefour, Coca-Cola, Pampers, Tropicana, Milka… Est-ce qu’on y croit ?

« Vos produits préférés maintenant disponibles en version sans déchets. » C’est la promesse de Loop, une nouvelle plateforme de e-commerce qui promet de venir à bout des emballages à usage unique.

En service à partir du printemps 2019 en France et aux États-Unis, elle est à l’initiative d’une coalition entre de grands acteurs du secteur agro-alimentaire, mais aussi de l’hygiène et de la beauté.

Bad boys, bad boys, what you gonna do ?

Certains noms sont d’ailleurs assez surprenants. On retrouve les bad boys de l’industrie, ceux qui cristallisent à eux seuls les griefs de milliers d’ONG et de consommateurs. En tête de file : Coca-Cola. L’entreprise a été épinglée par Élise Lucet dans son émission Cash Investigation en septembre 2018 et un an auparavant par Greenpeace. À chaque fois, ce sont l’utilisation abusive du plastique et l’absence d’une politique de recyclage qui ont été pointées du doigt.

Evian, Tropicana, Lesieur… Même combat : difficile d’imaginer les produits de ces boîtes sans leur traditionnel plastique prêt-à-jeter.

Le retour de la consigne

De plus en plus de pratiques de consommation sont empruntées au passé, et Loop ne fait pas exception à la règle. Le principe est proche de celui de la consigne, encore en vigueur il n’y a pas si longtemps. Modernisée, elle revient au goût du jour.

Pendant un an, les équipes ont mis au point des contenants qui doivent pouvoir être utilisés au moins cent fois. Les consommateurs commandent leurs produits sur le site de Loop ou sur celui d’un distributeur partenaire – avec un léger surplus du fait du packaging réutilisable. Les produits sont ensuite livrés dans un sac conçu pour durer et résister au transport. Une fois les produits terminés, pas besoin de nettoyer les emballages : il suffit de les ranger dans le sac Loop avant qu’un transporteur ne le récupère directement chez les consommateurs – bonus : plus besoin de sortir les poubelles.

Une fois récupérés, les équipes R&D désinfectent et nettoient selon des normes d’hygiène strictes les emballages, afin qu’ils puissent être réutilisés.

Packaging d'huile Lesieur réutilisables disponibles sur Loop

Les packagings d'huile Lesieur et Puget qui seront disponibles sur Loop

Des dépenses non négligeables pour les industriels

Pour les marques, c’est très engageant. Cela demande de repenser complètement la chaîne de production, et d’accepter de ne plus maîtriser complètement la distribution.

Cette solution a été pensée lors du Forum Économique Mondial à Davos. Derrière le projet, on retrouve TerraCycle, spécialisé dans le recyclage de déchets considérés comme difficilement recyclables. Tom Szaky, Fondateur et PDG de TerraCycle, explique que la plateforme a été créée « en réponse aux enjeux internationaux liés à la gestion des déchets ». L’objectif de Loop est « d’éliminer le déchet à sa source », mais aussi de changer totalement l’expérience des consommateurs qui sont devenus dépendants des emballages à usage unique.

Un graphique explique comment fonctionne Loop

Moins d’efforts pour les consommateurs = plus de succès ?

Le principe derrière la démarche est relativement simple. Au programme, peu de prises de tête : les consommateurs n’ont pas à s’équiper en bocaux hermétiques avant d’aller se fournir au supermarché en vrac de la ville (si tant est qu’il existe), ni à réfléchir aux alternatives responsables de leurs marques favorites.

Techniquement, donc, ça pourrait marcher auprès de celles et ceux qui sont prêts à payer plus pour l’emballage réutilisable.

On va vers du mieux…

Mais selon l’expert en développement durable Gunter Pauli, « il ne faut plus se contenter de faire moins mal, il faut faire du bien ». Et cela demande de repenser totalement l’économie. « La seule proposition qui est valable, c’est celle qui est meilleure pour l’environnement, la santé et le tissu local. » Pour lui, ça ne peut pas se faire sans une profonde transformation. Cette première étape est salutaire, et devrait encourager des comportements positifs, mais elle ne doit pas faire oublier que derrière l’achat d’un produit responsable, il n’y a pas que le plastique (visible) à prendre en compte.  

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