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HÉTIC, l’école au service des YouTubeurs

Le 6 juin 2016

YouTubeur ? « Pas un métier », selon les intéressés. Néanmoins, quand on a les outils pour, c’est plus facile de produire du contenu de qualité. Rencontre avec les étudiants de l’HÉTIC.

Si, dans certains pays, il existe des camps de vacances pour devenir YouTubeur, en France on reste un peu plus réservés. Chez HÉTIC, l’école des métiers du web, on le revendique : il n’est pas possible de « former » des YouTubeurs. Pour cause, même pour les principaux concernés, ça n’est pas un métier. « On peut se lancer sur YouTube, mais pas dans le métier de YouTubeur », explique Julien Dachaud, alias Newtiteuf. « Ça reste compliqué de gagner sa vie. Quelqu’un qui veut se lancer sur YouTube, fédérer sa communauté et vivre une aventure doit faire ce qu’il aime, ne pas copier les codes de ses YouTubeurs préférés. Il s’agit de développer sa propre image, son propre personnage ». Pierre Trot approuve : pour lui, c’est une activité de passion. « Ça se voit tout de suite quand un utilisateur ne cherche qu’à monétiser sa chaîne ou être le plus populaire possible ».

Pas de recette définie ou de formule magique pour accéder au succès, donc. Néanmoins, à nouveaux usages, nouvelles formations. Damien Jordan, Responsable digital de l’école, explique qu’en ce sens les cours, les intervenants et les outils mis à la disposition des étudiants s’inscrivent dans cette logique. « Nos étudiants sont des entrepreneurs, et parmi ceux-là certains ont des chaînes YouTube. C’est un canal de plus en plus utilisé. En ce sens nous avons mis à leur disposition un espace où ils peuvent travailler, avec du matériel de haute qualité ». Mais aucun cours à proprement parler : « YouTubeur, ce n’est pas un métier en soi, mais il faut maîtriser plein de compétences : il faut savoir être monteur, acteur, communiquant, designer,… ». Toutes ces disciplines sont enseignées ici. Pour Lucie Zevaco, alias Mezlulu, se familiariser à tous ces métiers du web est un plus. « Ce n’est pas indispensable, mais c’est une vraie valeur ajoutée. Nous pouvons gérer plus de choses que quelqu’un qui se lance sans aucune base ».

Ainsi, les étudiants apprennent dès la 4ème année les principes de la monétisation. « Ce n’est pas forcément guidé par YouTube, ça s’inscrit dans des thématiques de business development, mais nous leur donnons tous les outils pour comprendre et gérer la monétisation, tout en faisant attention ». S’ils se font souvent approcher par les marques, Julien, Pierre et Lucie n’hésitent pas à choisir leurs partenariats. « Forcément, c’est intéressant pour les annonceurs : nous leur permettons une super visibilité à moindre coût. En France, il n’y a pas encore de règlementation claire par rapport aux partenariats, mais par souci de transparence vis-à-vis de ma communauté, je les informe », explique Julien. Pierre valide cette pratique. « Une opé spé, ça se remarque tout de suite. Mieux vaut prévenir ses viewers si on ne veut pas être pointé du doigt ». Car les critiques sont vite arrivées… Lucie explique qu’il existe encore une zone de flou pour le grand public sur la façon dont les YouTubeurs sont rémunérés. « Les gens s’identifient à nous. Si on n’est pas réglo, ils ne vont pas hésiter à le faire remarquer ». Le maître-mot : la cohérence. Il ne s’agit pas de dénaturer son contenu pour un partenariat. « Nous avons des lignes éditoriales associées à des univers forts, nous ne pouvons pas en dériver ». En l’occurrence, dans l’univers de la beauté, les marques peuvent parfois exercer une pression pesante… « Avant de me lancer, je vérifie tous les termes des contrats. Mais ça m’est déjà arrivé qu’une marque me soumette un script à la virgule près. Pour moi, c’est hors de question », explique Lucie. De son côté, Pierre a déjà contacté des marques dont il se sent proche. « Il y a un jeu auquel je joue beaucoup, et j’étais déjà en relation avec le CM français. Je me suis dit que j’allais contacter la marque directement au niveau des Etats-Unis pour faire une demande de partenariat officiel, plutôt que de passer par des intermédiaires pas toujours sûrs ».

Autre point important facilité par l’école : l’analyse de l’audience. « Nous connaissons nos abonnés. Les cours d’analytics nous permettent de comprendre qui nous regarde, et d’adapter notre contenu en conséquence : format, tranche d’âge, horaire… tout peut s’optimiser ». Mais ce n’est pas tout. Un design et un SEO maîtrisés peuvent faire la différence en termes de référencement, mais aussi en termes de vues. « Les miniatures ont beaucoup d’importance, parfois plus que le titre de la vidéo, pour attirer un viewer ».

En pleine transition, les YouTubeurs naviguent entre la proximité des « vidéos faites à la maison » et la qualité permise par la « professionnalisation » du métier. « Parmi ceux qui réussissent à en vivre (comme Julien, NDLR), certains n’ont plus autant de temps qu’avant pour monter leurs vidéos, gérer leurs réseaux sociaux. Il y a désormais des fonctions support ». Avec l’arrivée des Recettes Pompettes, la tendance s’affiche clairement : la télé s’intéresse plus que jamais au web. Des experts des médias traditionnels s’exportent sur YouTube, et ça fonctionne. « Par ailleurs, des groupes rachètent des chaînes et changent la donne niveau moyens de production ». Et pour nos jeunes YouTubeurs, ce contenu « pro », de qualité, attire le public.

Mais Damien, ainsi que les étudiants, sont formels : former des gens au métier de YouTubeur serait un non-sens. « Si une telle formation venait à voir le jour, ce serait simplement par opportunisme. Nous croyons plus en l’accompagnement de nos étudiants pour qu’ils puissent réaliser leurs projets en parallèle de leurs études, leur donner le plus d’outils possibles pour qu’ils soient polyvalents, les mettre en relation avec des experts et d’anciens élèves, et qu’ils évoluent sur le web dans la durée ».

Mélanie Roosen - Le 6 juin 2016
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