Illustrations têtes de robots tueurs

San Francisco va-t-elle autoriser sa police à utiliser des robots tueurs ?

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Science-fiction ? Non, la (triste) réalité. Le conseil de surveillance de la ville de San Francisco envisage d'autoriser son département de police à utiliser des « robots tueurs ».

Le concept de robot policier existe depuis longtemps. On se souvient de Robocop, robot flic surarmé du célèbre film des années 1980. Mais de la dystopie à la réalité, il n'y a parfois qu'un pas, qui pourrait être franchi demain. En effet, la ville de San Francisco étudie la possibilité d'autoriser sa police (SFPD) à recourir à des robots tueurs.

Robot chenille

San Francisco et robot : un permis de tuer ?

Le conseil municipal de la ville de San Francisco a voté jeudi 1er décembre à 8 voix contre 3 la possibilité d'utiliser des « robots télécommandés mortels » dans des situations d'urgence et de « dernier recours ». La politique d'équipement prévoit que des robots policiers puissent être utilisés lorsque « le risque de mort pour des membres du public ou des officiers est imminent et l'emporte sur toute autre option de force disponible ». Pour cela, les robots déjà utilisés pour des missions de déminage ou de reconnaissance se verraient agrémenter d'une charge explosive télécommandée.

Cette décision doit encore faire l'objet d'une adoption définitive qui sera validée ou non selon The New York Times le 6 décembre. Si le département de police de San Francisco a déclaré qu'il n'avait pas de robots pré-armés et qu'il n'envisageait pas d'armer des robots avec des armes à feu, Allison Maxie, porte-parole du SFDP, a indiqué dans un communiqué que le département pourrait « déployer des robots équipés de charges explosives "pour contacter, neutraliser ou désorienter un suspect violent, armé ou dangereux" lorsque des vies sont en jeu. » À ce jour, la police dispose de 17 robots au total, dont 12 sont actuellement en fonctionnement. Utilisés « lors d'alertes à la bombe, de matériaux dangereux et d'autres incidents où les policiers doivent garder leurs distances avant de sécuriser les lieux », ils sont tous contrôlables à distance.

Une décision vivement critiquée

Cette nouvelle politique d'équipement de la police est condamnée par de nombreux groupes de défense des droits civiques. Ils mettent en avant le fait que ce projet « conduira à la militarisation supplémentaire d'une force de police déjà trop agressive avec les communautés pauvres et minoritaires. » Tifanei Moyer du Comité des avocats pour les droits civils de San Francisco a déclaré : « Nous vivons dans un avenir dystopique, où nous débattons pour savoir si la police peut utiliser des robots pour exécuter des citoyens sans procès, jury ou juge » .

Le bureau du défenseur public de San Francisco a, quant à lui, déclaré dans une lettre ouverte que « la capacité de tuer des membres de la communauté à distance est déshumanisante et militariste. Les rues de San Francisco ne sont ni un champ de bataille ni une zone de guerre. » Le communiqué note également que la plupart des autres juridictions ont rejeté l’initiative.

Robot tueur, il existe un précédent

Si à ce jour aucune juridiction ne l'autorise clairement, notons que les services de police américains ont déjà utilisé des robots télécommandés pour neutraliser des suspects. C'est le cas de la police de Dallas, qui a utilisé en 2016 un robot de déminage pour éliminer un tireur d'élite qui avait abattu cinq officiers lors d'un rassemblement. « Toute autre option qu'une explosion télécommandée aurait fait courir un grand danger aux policiers », avait à l'époque expliqué David Brown, chef de la police de Dallas.

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