Une guerre écosystémique, Red Team Defense

Red Team : quand l'armée imagine la guerre du futur... ça fait froid dans le dos

© Red Team

Et si l’on transformait la nature en arme biologique capable de nécroser les corps ? C’est l’un des scénarios horrifiques imaginés par la Red Team, cette équipe chargée par l'armée d’imaginer les guerres du futur.

Des soldats aux visages horriblement nécrosés à cause d’un pissenlit transformé en arme de guerre ou des drones de la taille d’un moustique chargés de voler l'électricité d’une armée adverse… La première saison de la Red Team était impressionnante, la seconde l’est encore davatange.

La Red Team, c'est cette cellule imaginée par l’Agence de l’innovation de Défense (AID), rattachée au ministère des Armés. Elle rassemble des auteurs de science-fiction, des designers et des sociologues pour imaginer à quoi pourraient ressembler les conflits des 10, 20 ou 30 prochaines années. Leur objectif ? Confronter leurs idées avec la Blue team, composée, elle, de militaires pour ouvrir de nouvelles pistes de réflexion.

Dans sa première saison, la Red Team avait imaginé l’utilisation de missiles hypervéloces et une guerre cognitive via le métavers. Cette fois, les équipes proposent un conflit prenant place dans un monde où l'électricité est devenue une denrée rare et un monde où les individus comme les groupes armés peuvent manipuler le vivant pour le transformer en arme de destruction massive.

Une guerre en mode « économie d’énergie »

Avec le premier scénario co-présenté par l’auteur de science-fiction Laurent Genefort et la directrice de l’école de design STRATE Saran Diakité Kaba, la Red Team nous plonge dans un monde qui a subi une catastrophe écologique majeure appelée la Nuit Carbonique. Après plusieurs semaines de gigafeux incontrôlables, la Terre est plongée dans un mini-hiver nucléaire qui a détruit une grande partie des récoltes. La communauté mondiale doit faire de l'économie d’énergie une priorité absolue, et les sociétés opèrent un tournant de sobriété énergétique drastique. Concrètement, « il faut choisir entre prendre une douche chaude ou se faire couler un café » , indiquent les auteurs.

Dans ce contexte, on suit une opération militaire de sauvetage. Les militaires suivent la nouvelle doctrine et doivent intégrer dans leur stratégie la logistique énergétique. Sur le terrain, les soldats sont équipés de combinaisons pouvant générer de l'électricité par le mouvement. Leurs ennemis tentent de les écraser en employant des mini centrales nucléaires portatives ou des drones moustiques dont la mission est de sucer l’énergie des batteries.

La guerre écosystémique

Le second scénario co-présenté par l’auteur de science-fiction Romain Lucazeau et la directrice de recherche au CNRS dans le domaine des sciences du politique Virginie Tournay a de quoi vous retourner l’estomac. Nous avons connu « la 5ème révolution industrielle » , c’est-à-dire l’usage grand public d’imprimante à ADN. Ces machines permettent de manipuler l’ADN de micro-organismes pour produire de l'oxygène ou de l’hydrogène, de la colle industrielle, des médicaments maison ou bien des armes biologiques extrêmement dangereuses.

Au sein de l’armée, cette révolution a permis de mettre au point une forêt tapissée de mycélium invisible pouvant détecter le passage d’une armée et donc servir d’alarme naturelle en cas de tentative d’invasion. Plus grave encore, il existe à présent des armées dévastatrices d'essaims de mouches hémophiles, pouvant tuer un être vivant dès que ce dernier se met à saigner, mais aussi des plantes provoquant des fasciites nécrosantes, cette maladie infectieuse qui détruit les tissus (cutanés, sous-cutanés et musculaires). In fine, le danger ultime reste la réaction en cascade, à savoir la modification incontrôlée d’espaces naturels à cause de l’introduction de ces nouvelles bio-armes, transformant la nature en un élément hostile et imprévisible. On imagine aisément les conséquences funestes d'un tel cauchemar. Si pour le moment ce scénario est inenvisageable, la technologie sur laquelle il repose existe déjà. On compte sur la Blue Team pour nous épargner les scénarios de la Red Team.

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