premium2
Le robot Pepper dans un hall d'aéroport
© Possessed photography via Unsplash

Pepper ou la fin des robots sociaux ? Nécrologie d’un robot mignon mais inutile

Le 2 juill. 2021

Peut-être que les robots n’ont pas besoin d’avoir l’air gentil et humain pour nous être utiles. 

Vous l’avez sans doute croisé dans les allées d’un salon, à l’aéroport, au musée ou à l’entrée d’un magasin. Son minois rond, ses yeux façon Manga et sa voix nasillarde avaient quelque chose de sympathique - mais d’un peu gênant aussi. Pepper, le robot humanoïde, tire sa révérence. Sa production a été mise en pause par SoftBank depuis août 2020, a rapporté Reuters le 28 juin. Seulement 27 000 unités du petit humanoïde ont été commercialisées et les stocks commençaient à s’accumuler. L’entreprise japonaise supprime au passage 330 emplois, dont la moitié en France. 

La fin de Pepper : preuve de l’inutilité des robots humanoïdes ?

Conçu en 2015 par la start-up française Aldebaran (rachetée ensuite par SoftBank), Pepper est devenu le visage de la robotique de service. On vantait souvent sa capacité à détecter les émotions de ses interlocuteurs, mais son rôle se réduisait à donner des informations via une tablette, exécuter quelques mouvements de danse et prononcer des phrases pré-enregistrées. Une inutilité régulièrement pointée du doigt dans la presse. En janvier 2018, le supermarché écossais Margiotta décide de se débarrasser du robot. Celui-ci, censé orienter les clients, ne s’avère pas d’une grande aide. À la question où se trouve le lait, il répond "au rayon frais", sans préciser où se trouvait l'allée en question. La même année, sa prestation au parlement britannique pour présenter le potentiel de la robotique dans l'éducation est sans aucun intérêt, se moquait Wired

Les robots les plus utiles répondent à des besoins de niche

Pepper n’est pas le seul robot social à s’être fait remercier. Jibo, l'assistant robotique qualifié d’invention de l’année par Times en 2017, s’est éteint deux ans plus tard faute de demande et de rentabilité. 

Les robots de service n’ont toutefois pas forcément dit leur dernier mot. Comme le rappelle la BBC, certains font très bien le job. Souvent ils n’ont rien d’humanoïde et répondent à des besoins de niche. À l’instar de Paro, le robot en forme de phoque en peluche, qui tient compagnie aux habitants des Ehpad. Il connaît un regain d'intérêt depuis le début de la pandémie.

Marine Protais - Le 2 juill. 2021
À lire aussi
premium2
premium2

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.