Mème d'un homme l'air soufflé par une découverte

La Silicon Valley se passionne pour le Web3, mais c’est quoi au juste ?

Peut-être le futur du web, ou juste un nouveau buzzword déjà pétri de contradictions. 

Quelles différences avec les précédentes versions du web ?  

Revenons rapidement sur les deux premières versions du web. Le Web 1.0 – époque Yahoo – est souvent associé à une version du web où l’on accédait à l’information, sans pouvoir créer facilement de contenu soi-même. Le Web 2.0 – période Gafam – c’est le web dans lequel nous évoluons aujourd’hui, le web des réseaux sociaux. Chacun peut partager très facilement son opinion au monde, mais la plupart des échanges sont centralisés par les grandes plateformes : Facebook, Twitter, TikTok, critiquées pour avoir trop de pouvoir…   

Comme toute nouvelle version de quelque chose, le Web3 (oui on dit Web3 plutôt que Web 3.0, allez savoir…) promet monts et merveilles, et surtout de faire mieux que la version précédente. En l'occurrence : faire mieux que les Gafam, en redonnant plus de pouvoir aux utilisateurs.   

Comment ça marche ? Avec des cryptos

The Atlantic donne une définition assez claire du concept. « Le Web3 fait référence à une troisième génération d'Internet où les services et les plateformes en ligne passent à un modèle basé sur les blockchains et les cryptomonnaies. En théorie, cela signifie que les infrastructures sont décentralisées et que toute personne qui possède un jeton associé à cette infrastructure a un certain contrôle sur elle. Ce modèle du web représente une vision financiarisée d'internet. »

Le Web3 part aussi du principe que les données, qui ont fait les choux gras des géants du Web 2.0, ne sont plus la seule monnaie d’échange. Dans le Web3, on investit (avec des cryptomonnaies) et on peut potentiellement avoir un retour sur investissement, même en temps qu’utilisateur lambda.

Voilà pour l’idéologie.  

Des exemples ?  

Le Web3 reste pour le moment assez confidentiel. Les barrières à l’entrée sont nombreuses : avoir un portefeuille de cryptomonnaies, télécharger des applications dédiées, apprendre un certain vocabulaire (NFT, DAO et compagnie)... Mais il existe tout de même quelques exemples. 

Les social tokens

Certains influenceurs, artistes et créateurs du web créent un social token, une cryptomonnaie associée à leur popularité et leur carrière. Leurs fans investissent, gagnent des avantages, mais surtout voient la valeur de leur investissement grimper si la carrière de leur idole explose. Nous avions par exemple rencontré la créatrice ASMR Sugar Boogerz, à l’initiative du token « Tingles » dans lequel ses abonnés peuvent investir. Aujourd’hui un Tingles ne vaut pas grand-chose, mais si dans 5 ans, Sugar Boogerz crée un empire industriel autour de l’ASMR alors il aura certainement pris de la valeur. Contre des Tingles, vous pouvez aussi choisir les vidéos qu’elle poste sur les réseaux sociaux. Elle se revendique très clairement du Web3. 

Les DAO

Autre exemple : les DAO (communautés décentralisées et autonomes), ces groupes de discussion auxquels on accède en investissant dans le token (jeton) associé à la communauté. Le groupe partage en quelque sorte un compte commun, et prend des décisions en commun. Friends With Benefits, qui rassemble des « penseurs du Web3 » fonctionne sur ce principe.

Les métavers

Les projets de métavers comme le jeu The Sandbox dans lequel les utilisateurs peuvent acheter des terrains virtuels sous forme de NFT et créer leur propre jeu pour en générer un revenu, sont aussi catégorisés comme appartenant au Web3.

Un concept déjà controversé 

Le Web3 a déjà ses détracteurs. L'hyper-financiarisation des échanges qu’il suppose n’est pas au goût de tout le monde. Le collectif Yesterweb qui prône un web plus créatif et plus social, détaille plusieurs arguments contre le Web3 sur son site. Le Web3 se prétend communautaire, mais pour voter pour ou contre une décision, il faut payer, et moins vous payez, moins vous avez de pouvoir, pointe par exemple le collectif. « Il se dit décentralisé mais ses communautés sont en fait gérées par des insiders et hébergées sur Amazon Cloud Service.»

Pour d’autres observateurs, le Web3 n’est en fait qu’un moyen pour les patrons de la tech, lassés par leur propre plateforme, de se tourner vers de nouveaux business models et un nouveau terrain de jeu, comme l’explique The Atlantic

Et Elon Musk il en pense quoi ?

Elon Musk – par ailleurs cryptofan – se moque régulièrement sur Twitter du Web3, qu’il qualifie de « ridicule » sans vraiment étayer son point de vue. On vous laisse avec ce mème partagé sur son compte il y a quelques jours. 

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