Un groupe d'hommes identiques à une table de poker jettent leurs cartes en l'air

Une startup américaine fait miser les citoyens sur des procès judiciaires

Les utilisateurs de Ryval pourront miser sur un procès en achetant et tradant des tokens associés. Ou comment gamifier la justice. 

On peut investir dans quasiment tout (et n'importe quoi) aujourd’hui. Une paire de sneakers, un gif, un influenceur, et bientôt un procès judiciaire ? C’est l’idée de la startup américaine Ryval. Cette jeune pousse souhaite que n'importe quel citoyen américain puisse miser sur un litige en cours en lui permettant d’acheter et de vendre des tokens (jetons) associés. Et d’obtenir retour sur investissement si l’issue du procès est favorable au requérant. Sur son site, Ryval promet des gains mirobolants, « un revenu annuel de +50 % » , « l’accès à un marché de plus de 10 milliards de dollars » .  

L’objectif affiché de cette startup qui se présente comme un « marché boursier des litiges judiciaires » est de permettre à des individus de financer leurs frais judiciaires. Vice compare le service à une sorte de GoFundMe (service de crowdfunding) des procès judiciaires à la sauce crypto, puisque le service est déployé sur une blockchain (baptisée Avalanche) et qu’il propose l’achat et la vente de tokens. Ces derniers pourront prendre de la valeur ou en perdre selon la tournure du litige. 

Initial litigation offering

Avant de lancer Ryval, Kyle Roche, avocat et co-fondateur de la startup, avait déjà testé ce mode de financement baptisé ILO (initial litigation offering, en référence aux ICO, initial coin offering, le fait d’émettre des jetons pour se financer) avec l’un de ses clients : Apothio, une ferme de chanvre, dont 500 hectares ont été détruits par les autorités. 

Pour aider les investisseurs novices à décider où placer leurs paris, Ryval leur fournira les éléments clés de l'affaire, ainsi que d'autres informations pertinentes comme la probabilité que ce type d’affaire ait une issue heureuse pour le requérant, explique Vice

Investir dans des procès judiciaires est déjà une pratique existante aux États-Unis mais elle est réservée à des investisseurs riches et accrédités. Ryval s’adresse elle à tout public. 

Le risque de la gamification

À vouloir gamifier à ce point la justice, le risque n’est-il pas de voir des personnes spéculer sur un procès ? Kyle Roche, qui compare son entreprise à l'appli de trading Robinhood sauce judiciaire, s’attend à voir certains investisseurs de Ryval ne chercher que le retour sur investissement. Mais il espère aussi que d’autres financeront des causes qui leur tiennent à cœur sans penser à leurs finances personnelles. Cela reste à prouver.

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