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Un monsieur énervé devant son smartphone

Fleets, Instagram Shop… Pourquoi les changements des réseaux sociaux nous agacent autant ?

Le 19 nov. 2020

Twitter est le nouveau Instagram et Instagram le nouveau Depop. Vous suivez ? Non ? Ce n'est pas grave, personne ne vous demande votre avis.

Cette semaine, Twitter a lancé la fonctionnalité Fleets. Elle permet d’envoyer des tweets, vidéos et photos éphémères, qui disparaissent au bout de 24 heures. Un moyen d’aider les utilisateurs à se sentir plus à l’aise pour participer à la conversation, explique la plateforme dans un communiqué. On avait plutôt l’impression que c’était l’inverse le problème, à savoir des twittos un peu trop à l’aise justement. L’annonce n’a d’ailleurs pas manqué de faire réagir les utilisateurs. Le #Fleets était souvent accompagné de commentaires railleurs, remarques sur leur inutilité ou leur ressemblance avec les Stories d’Instagram et de Snapchat, et menaces de quitter le réseau social pour de bon.

Les utilisateurs d’Instagram ont eux aussi été chamboulés il y a quelques jours. La plateforme a changé le design de son interface dans sa dernière mise à jour. L’onglet qui permet de voir les likes et commentaires de ses abonnés a été déplacé et remplacé par un onglet “Shop” sur lequel on peut faire ses emplettes chez les marques que l’on suit, ou que la plateforme a sélectionné pour nous. Sa mise en page rappelle un peu la plateforme de ventes d’accessoires de mode Depop. Et là encore, un déferlement de mèmes et commentaires agacés a suivi cette mise à jour.

Le fait que les plateformes s’inspirent les unes des autres et ajoutent de nouvelles fonctionnalités pour maintenir les utilisateurs dans un même environnement n’est pas un phénomène nouveau. « Tous les réseaux sociaux se ressemblent » était déjà une idée très commentée en 2016, lorsqu’Instagram avait copié le format Stories de Snapchat.

#RIPTwitter : Twitter est déjà mort 3 fois

Pourtant à chaque nouveau changement, c’est encore la même rengaine : les utilisateurs font part de leur surprise et de leur déception. « Lorsque nous avons remplacé notre icône J'aime étoile par un cœur, les gens ont protesté. Lorsque nous avons changé notre fil pour que les posts ne soient plus classés par ordre chronologique inversé, #RIPTwitter était dans les tendances Twitter (cette tendance est de nouveau apparue lorsque nous avons testé Fleets en début d’année). Lorsque nous sommes passés de 140 à 280 caractères, les gens ont dit qu'ils n'utiliseraient plus jamais la plateforme », expose à Refinery29 Nikkia Reveillac, directrice de l’équipe Experience Research de Twitter .

D’où vient ce sentiment de rejet ? Pour Nikkia Reveillac, l’hostilité fait tout simplement partie du cycle d’adaptation des utilisateurs à la nouveauté. Mais on peut aussi y voir un manque de communication de la part des géants du numériques. Les utilisateurs, qui se servent de ces applications tous les jours, ne sont pas prévenus assez à l’avance, regrette Refinery29.

Le jour où Kylie Jenner a fait chuter Snapchat en bourse

Ces changements surviennent souvent brutalement et nous rappellent que nous avons peu de poids face aux décisions des plateformes. D’ailleurs elles reviennent rarement en arrière. Y compris lorsque des influenceurs très suivis montent au créneau. En 2018, Kylie Jenner avait ouvertement critiqué le nouveau design de Snapchat, faisant chuter de 7 % le titre de l’entreprise en Bourse. Plus d’un million de personnes avaient signé une pétition en ligne sommant le réseau social de revenir au précédent design. Snapchat n’a pas fait marche arrière, mais a tout de même modifié les fonctionnalités les plus controversées quelques mois plus tard.

L’autre raison de ce sentiment de colère est plus terre-à-terre. Certaines marques, vidéastes et influenceurs bâtissent leur communauté et leur gagne-pain sur ces plateformes. Un changement d’interface a parfois des conséquences financières et professionnelles. Les changements algorithmiques de YouTube sont une source de stress importante pour les Youtubeurs, et les évolutions d’Instagram un casse-tête pour les marques.

Piqûres de rappel

Les mises à jour sont aussi des piqûres de rappel. Elles nous montrent à quel point les interfaces techniques des plateformes conditionnent nos interactions sociales. Un phénomène expliqué par Olivier Ertzcheid, chercheur en sciences de l’information, dans son récent livre Le Monde selon Zuckerberg. Notre irritation passagère à chaque changement est le signe que nous en sommes encore un peu conscients.

Marine Protais - Le 19 nov. 2020
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