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Un monsieur l'air gêné avec un chapeau de père noel sur la tête.
© RyanJLane via Getty Images

Facebook crée un chatbot pour éviter les bourdes de ses salariés pendant les fêtes

Le 4 déc. 2019

Thanksgiving et Noël sont des moments appréhendés par les salariés du réseau social. Heureusement Liam Bot est là en cas de questions épineuses.

Vous trouvez vos repas de Noël gênants ? Imaginez celui d'un salarié de Facebook. Que doit-il répondre si tonton, un peu échauffé par le champagne, accuse le géant du web de nuire à la démocratie ? Heureusement, Liam Bot a la réponse. Ce chatbot lancé par Facebook au moment de Thanksgiving (le 28 novembre dernier) indique aux salariés des éléments de réponses en cas de questions embarrassantes de leur famille et amis pendant les fêtes.

Le petit kit du RP idéal

Plusieurs salariés de l’entreprise font régulièrement part de leur inquiétude à l’idée de devoir s’exprimer sur des sujets épineux, précise une porte-parole de la plateforme au New York Times. Collecte des données personnelles, haine en ligne, publicités politiques… C’est sûr qu’en matière de scandales et sujets houleux, il y a de quoi faire chez Facebook. Liam Bot leur permet d’être aligné au discours officiel de l’entreprise. Par exemple, à la question « Comment Facebook gère-t-il les discours haineux?», l’agent conversationnel suggère de dire : « Facebook travaille avec des experts sur le sujet », ou « l’entreprise a embauché plus de personnes pour modérer les contenus », « nous développons une intelligence artificielle pour identifier les discours haineux », explique le New York Times.

Le chatbot propose également quelques statistiques tirées de récents rapports de l’entreprise. Bref de quoi passer un agréable repas de famille au calme, 100 % langue de bois. Petit bonus : Liam donne aussi des conseils techniques au cas où tonton ne sache pas comment changer son mot de passe par exemple.

Les réponses ont été concoctées par le service communication de Facebook. Elles reprennent les interventions publiques des dirigeants de l’entreprise. On ne sait pas si Liam Bot suggère le fameux « C’était une erreur et je suis désolé » servi par Mark Zuckerberg à plusieurs reprises devant le Congrès américain et le Parlement européen à propos du scandale Cambridge Analytica.

Une entreprise critiquée à l’extérieur comme en interne

La réputation de Facebook, longtemps considérée comme une entreprise où il était gratifiant de travailler, s’est effritée suite aux différents scandales. Entre 2017 et 2018, le réseau social est passé de la première à la septième place des sociétés où il fait bon travailler, selon l’enquête annuelle de Glassdoor. Des salariés commencent à s’opposer aux décisions de l’entreprise. Récemment des centaines d’entre eux ont critiqué la gestion des publicités politiques dans une lettre ouverte à Mark Zuckerberg. Ce dernier a décidé de ne pas filtrer les publicités mensongères des partis, au nom de la « liberté d’expression ».

« La désinformation nous affecte tous. Nos politiques actuelles sur la vérification des informations diffusées par les politiciens, ou par ceux qui se présentent aux élections, sont une menace pour ce que Facebook représente », lui ont rétorqué ses employés. Pas sûr qu’un chatbot bien policé calme leur mécontentement.

Marine Protais - Le 4 déc. 2019
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