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Mark Zuckerberg grimace

Au Parlement européen, Mark Zuckerberg est vraiment, vraiment, vraiment désolé

Le 23 mai 2018

Mark Zuckerberg a été entendu mardi 22 mai au Parlement européen à Bruxelles. Le patron de Facebook s'est expliqué sur la protection des données des utilisateurs et s'est excusé. Une fois de plus.

Il est désolé. Vraiment, vraiment, vraiment désolé.

Ces derniers temps, on n’a pas vu Mark Zuckerberg autrement que désolé. Et, avouons-le, le patron de Facebook a su développer un talent certain pour s’excuser en public. Il est loin le timide étudiant en claquettes/chaussettes qui suait à grosse gouttes lorsqu'on l'interrogeait. Il faut dire qu'en matière de coup de chaud, il commence à avoir de l'entraînement. Après la Justice américaine, c'est le Parlement européen qui l'attendait de pied ferme. L'Europe, à deux jours de l'application du RGPD, avait très envie d'entendre le leader du célèbre réseau social s'exprimer sur le scandale de la récupération de données de millions d’utilisateurs par Cambridge Analytica (pour ceux qui ont vécu la tête dans le sable, le résumé du scandale ici).

Le patron de Facebook a donc dû répondre aux questions du Parlement européen. Sauf que le format d’audition n’a pas contribué à ouvrir le dialogue. C’est même plutôt l’inverse. « Zuckerberg n’aura même pas à forcer son talent pour ne pas répondre aux questions : zéro interactivité et aucun temps approprié pour répondre », se moque un twittos. « Format étrange et peu interactif choisi au Parlement pour cette audition», s’interroge un autre.

Le dessinateur de presse Ixène se moque même de Mark Zuckerberg avec son « tour du monde des excuses ».

 

« Un avion à prendre »

Sur le fond, qu'a-t-on appris de plus ? Pas grand chose, si ce n'est le nombre de comptes européens dont les données auraient été transmises à Cambridge Analytica : « jusqu'à 2,7 millions ». Tout de même.

Face aux questions des députés concernant la possible ingérence dans une élection présidentielle, à l'image de celle de Trump, ou des fake news, Mark Zuckerberg a rappelé que le réseau social a déjà pris des mesures avec la suppression au moment de l'élection présidentielle de 35 000 faux comptes dans l'Hexagone.

Mark Zuckerberg a probablement aussi été désolé de la déferlante Guy Verhofstadt, l'ancien Premier ministre belge, qui a passé une sacré rouste verbale au patron. « Avez-vous vraiment le contrôle sur votre entreprise? Vous vous êtes excusé au moins quinze ou seize fois ces dix dernières années...» a-t-il demandé au patron. Et de continuer : « Depuis 2003, chaque année vous avez un problème, une faille avec Facebook et vous vous retrouvez au pied du mur à devoir vous excuser, dire que vous allez régler le souci. Cette année ça fait déjà deux, non trois fois même que vous vous excusez, et nous ne sommes qu'au mois de mai ». Guy Verhofstadt menace finalement Mark Zuckerberg : « Je pense qu'il n'y a qu'une solution : un contrôle public ».

Si les députés ont pu poser leurs questions, il se sont agacés du choix de l'audition. Selon le secrétaire d'État à la Protection de la vie privée, Philippe De Backer, Mark Zuckerberg a «tourné autour du pot». Il a ensuite ajouté : «Nous n'avons reçu aucune réponse à la question de savoir ce qui se passe avec toutes ces données reçues par Facebook sans autorisation. On ne sait pas clairement si Cambridge Analytica est le seul cas du genre qui s'est produit. Et on ne sait pas clairement non plus ce que fait Facebook pour empêcher ça.»

Mais Mark a finalement quitté les lieux pour cause d'« avion à prendre ». Il a cependant promis de répondre à toutes les questions qu'on lui avait posé plus tard... par écrit.

Très délicat de sa part.

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