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Mark Zuckerberg

Le scandale Cambridge Analytica pour ceux qui n’auraient rien suivi à l’affaire

Le 2 mai 2018

Vous n’avez rien suivi au scandale Cambridge Analytica qui implique Facebook et la fuite de dizaines de millions de données personnelles de ses utilisateurs ? Pas de panique, séance de rattrapage.

Qu’est-ce que Cambridge Analytica ?

Cette entreprise, créée à Londres en 2013, est spécialisée dans l’analyse de data à grande échelle. C’est une filière de SCL groupe, société de conseil en communication et d’analyse de données. Cambridge Analytica, en croisant des données qualitatives et quantitatives, identifie et prédit les réactions psychologiques des individus dans le but de leur adresser des messages qui feront changer leur comportement. Cette technique s’appelle le micro-targeting. C’est d’ailleurs la promesse et le slogan de l’entreprise : « changer le comportement grâce aux données ».

La société appartient en partie à Robert Mercer, homme d’affaires de Wall Street. Il est le principal donateur de Ted Cruz, un homme politique américain, membre du parti républicain. La société compte aussi parmi ses fondateurs Steve Bannon, homme d’affaires, ancien président du site d’extrême droite Breitbart, et ancien conseiller du président des États-Unis pendant sa campagne à la présidence.

De quoi Cambridge Analytica est-elle accusée ?

La société est accusée d’avoir utilisé les données de 70 millions d’utilisateurs (le nombre définitif est en débat), sans que ces derniers n’aient été prévenus. Ce siphonnage a été opéré par le biais d’une application, « ThisIsYourDigitalLife », développée par Aleksandr Kogan de la société Global Science Research (GSR). Ce russo-américain a déclaré utiliser les données à des fins de recherche, ce qui n’avait rien de problématique. Sauf que ces données ont été vendues à Cambridge Analytica pour une somme d’un peu moins d’un million de dollar, selon The Observer.

Quand le scandale a-t-il éclaté ?

Samedi 17 mars, le Guardian, The Observer et le New York Times ont révélé que les informations récoltées par la société GSR (pour Cambridge Analytica) ont non seulement touchées les participants au quizz, mais aussi leurs amis Facebook. Christopher Wylie, chargé de l’exploitation des données chez CA a lancé l’alerte. Il explique, dans une vidéo du Guardian, la mécanique de la société pour une « guerre des cultures » entre États-Unis et Russie.

Pour enfoncer un peu plus la société, la chaîne britannique Channel 4 a révélé l’interview de Alexander Nix, le chef de Cambridge Analytica. Devant le journaliste s’étant fait passer pour un client, le patron dévoilait qu’il utilisait pute et pot de vin pour faire chanter des politiques. Comble de l’ironie, c’est une caméra cachée qui piège ses propos, propos contestés par l’entreprise. À la suite de la diffusion du reportage, Alexander Nix a été suspendu.

Facebook était-il de mèche avec Cambridge Analytica ?

The Guardian avait déjà mentionné le fait que Ted Cruz avait travaillé avec Cambridge Analytica. Facebook avait eu vent de l’affaire puisque le réseau social avait banni l’application en 2015 et demandé la suppression des données récoltées illégalement. Ce que Cambridge Analytica a affirmé avoir fait. En 2017, un autre média, The Intercept, faisait mention de l’affaire. Mais c’est la diffusion dans The Guardian et the New York Times qui met le feu aux poudres. Les deux journaux ont révélé que CA n’avait PAS supprimé ces données, un manquement grave aux règles du réseau social. Pourtant, Facebook a depuis été accusé de laxisme : le réseau n’avait pas vérifié à l’époque la suppression effective des données.

Quelle a été la position de Facebook ?

Mark Zuckerberg est d’abord resté silencieux. Puis il a affirmé être désolé via un post sur Facebook. Le patron a reconnu avoir commis des « erreurs ». Il a été entendu par la justice américaine, il s’est dit désolé de ne pas avoir été plus vigilant. Un audit des applications aux activités suspectes est en cours et certaines données auxquelles avaient accès les développeurs ont été réduite (ce qui a mis en difficulté certaines entreprises 100% dépendantes du réseau). À la conférence annuelle des nouveautés Facebook, Mark Zuckerberg a affirmé vouloir renforcer les mesures de sécurité contre l’utilisation frauduleuse des données, sans donner plus de détails.
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