habillage
premium1
premium1
Un homme perplexe devant son ordinateur
© GaudiLab via Getty Images

Un an après le RGPD : les Français n’y comprennent toujours rien

Le 31 mai 2019

Le RGPD célèbre sa première année d’existence. Et son anniversaire n’est pas franchement festif. Selon une étude d’Ogury, la moitié des consommateurs français ne connaît pas cette loi. Deux tiers déclarent ne pas savoir comment leurs données sont utilisées. 

Vous ne savez pas bien ce qui se trame avec vos données personnelles ? Rassurez-vous (ou pas), vous n’êtes pas seul. Selon une étude menée par le cabinet Ogury, spécialiste du marketing mobile, 60 % des Français ne comprennent pas comment les données sont utilisées par les marques. Et ce, même après avoir lu un formulaire de consentement et les politiques de confidentialité. Pourtant il y a un an, l’Union Européenne adoptait le Règlement général sur la protection des données (RGPD).

Une loi censée rendre transparente la récolte des données personnelles. Et surtout redonner le pouvoir aux consommateurs en leur permettant de donner leur accord ou non pour l'utilisation de leurs données par un site web. Problème : 47 % des quelque 22 631 consommateurs français interrogés par Ogury disent ne pas savoir ce qu’est le RGPD. Et 33 % d’entre eux estiment que la loi ne leur a pas permis de mieux comprendre comment les entreprises récoltent, stockent et utilisent leurs données. Les Français seraient même moins bien informés que la moyenne des Européens, qui savent à 60 % ce qu’est le RGPD.

La faute aux entreprises

Les internautes seraient-ils trop bêtes pour lire et comprendre une réglementation ? Pour Ogury, il ne faut pas blâmer les consommateurs, mais les entreprises. La mise en application du RGPD « n'a pas été suffisamment prise au sérieux par les organisations », regrette Jean Canzoneri, co-fondateur et PDG d'Ogury dans un communiqué. « Le message n'est clairement pas bien passé. Il revient d’abord aux entreprises de maîtriser le RGPD, puis de sensibiliser les consommateurs à l'importance du partage des données. »

Bien dit Ogury. Pour l'instant, effectivement on est loin du compte. Certaines sociétés ne prennent même pas le soin de se conformer à la loi. Une étude du cabinet Murielle Cahen publiée en mars 2019 montrait que 75 % des 180 start-up interrogées ne respectaient pas leurs obligations juridiques en matière d’informations des utilisateurs et consommateurs.

Les coupables : formulaires incompréhensibles et dark patterns

Même quand les conditions d’utilisation exigées par la loi sont diffusées par le site, 77 % des internautes de l’Hexagone ne les lisent pas. Et on peut les comprendre. La complexité de ces politiques de confidentialité a de quoi décourager. En 2018, le designer israélien Dima Yarovinsky avait imprimé les conditions d’utilisations des principales applications sur de longues (très longues) bandes de papier. Il avait évalué qu’il fallait 86 minutes pour lire la totalité de celles d’Instagram par exemple. Qui a le temps ? Qui voudrait le prendre ?

Avant d’accéder à ces conditions d’utilisation, il faut passer la barrière des dark patterns. Ces éléments de design qui vous poussent à adopter un comportement sans que vous ne vous en rendiez compte. Pour les conditions d’utilisation, les sites utilisent, entre autre, la bonne vielle recette des codes couleur inversés qui incitent les utilisateurs à cliquer sur « tout accepter ».

Les consommateurs préfèrent payer en données qu'en cash

Certes, les entreprises ne facilitent pas la tâche. Mais même informés, peu de consommateurs se soucient réellement de la récolte de leurs données. L’étude d’Ogury montre que lorsqu’on leur propose un choix clair quant à la récolte de leurs données, 7 consommateurs sur 10 préfèrent partager leurs données plutôt que de payer un service.

Et même lorsque les utilisateurs estiment que la récolte massive des données personnelles peut être un problème, peu d’entre eux sont prêts à changer leur comportement. Une étude publiée début mai par Consumers International et Internet Society montre que sur un panel de plus de 6 000 personnes, 63 % des personnes interrogées trouvent les enceintes et autres objets connectés « creepy » (flippants), 75 % se méfient de la façon dont leurs données sont échangées… Mais seuls 28 % des sondés de ce même panel ne possèdent pas d’objets connectés et ne comptent pas en acheter un.

METHODOLOGIE : 

Ogury a mené son enquête du 12 au 18 février 2019 aux États-Unis, en Allemagne, en Espagne, en Italie, en France et au Royaume-Uni. Les réponses de 287 571 utilisateurs mobiles dans le monde ont été rassemblées. En France, 22 631 personnes ont répondu à cette enquête.

 


À LIRE AUSSI :

> Sur le Web, vos photos oubliées continuent d’être exploitées

> Comment (mal) gagner sa vie en vendant ses données

> 3 Français sur 4 inquiets quant à la sécurité de leurs données personnelles

 

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.