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Homme au supermarché consulte son smartphone
© AaronAmat via Getty Images

Après Yuka, découvrez myLabel, l'application qui personnalise vos critères de choix

Le 22 mai 2019

Encore un challenger pour Yuka ! L’application myLabel lancée début avril permet aux consommateurs de scanner et évaluer les produits alimentaires selon une vingtaine de critères personnalisables.

Vous vous en moquez pas mal de savoir si cette barre chocolatée est bourrée de sucre tant qu'aucun enfant n'a été exploité pour la fabriquer ? Alors myLabel est peut-être l'application pour vous. Comme ScanUp, la start-up tente de concurrencer Yuka et surfe sur la tendance qui consiste à évaluer un produit alimentaire en scannant son code-barre. Une pratique largement adoptée par les consommateurs : 7,5 millions de Français sont prêts à dégainer leur smartphone au supermarché selon une étude menée par l’Observatoire société et consommation en 2018. 

Plutôt moins de pesticide ou plus d'argent pour les agriculteurs ?

Plutôt que de noter un aliment uniquement selon sa valeur nutritionnelle, les additifs et le label Bio comme le fait Yuka, myLabel propose une évaluation selon une vingtaine de critères organisés en 3 familles : planète, santé et société. On trouve par exemple : éviter les OGM, limiter le risque d’absorber les pesticides, éviter les allergènes, éviter la présence d’antibiotique, refuser le travail des enfants, assurer une rémunération juste aux agriculteurs, préserver les populations locales… Et c’est à vous de choisir les critères qui correspondent à vos valeurs. « L’idée est d’éviter de culpabiliser le consommateur sur des critères qui ne le concernent pas », explique Christophe Hurbin, co-fondateur de la start-up. Par exemple un chocolat bio issu du commerce équitable aurait sans doute une mauvaise note sur Yuka car son score nutritionnel est faible, mais sur myLabel il est jugé bon sur tous les autres critères.

Ça marche aussi pour les achats en ligne

Le plus de myLabel : une extension de navigateur (Chrome et Firefox), qui permet d’évaluer les aliments sur l’e-shop de Monoprix, Leclerc et Houra. Sur l’appli comme en ligne, la note du produit est affichée sous forme d’un pictogramme smiley : rouge et mécontent si le produit est jugé mauvais, vert et ravi s’il est bon.

Pour évaluer les produits, myLabel s’appuie sur une dizaine de sources différentes : la base de données en accès libre Open Food Facts, l’association Bio Consom’acteurs, Greenpeace, l'Institut national de la consommation... Il suffit que l’une des sources ait évalué le produit pour qu’une note (enfin, un smiley) s’affiche. L’utilisateur peut connaître le détail des sources en cliquant sur le pictogramme. 

Ce système présente certaines limites. Même en s’appuyant sur des sources variées, tous les produits sont rarement évalués sur l’ensemble des critères myLabel. Il suffit d'une bonne note sur un seul critère pour qu'un petit smiley vert s'affiche, même si la note sur tous les autres critères est inconnue. 

Un panel de consommateurs permanent

Pour le moment, myLabel ne génère aucun revenu. L’application est gratuite et sans publicité. Et elle compte le rester. Pour se rémunérer, la jeune pousse songe à vendre aux marques des infos sur les habitudes d’achat des utilisateurs. Ces derniers deviendraient ainsi « un panel de consommateurs permanents », estime Christophe Hurbin.

myLabel peut connaître le pourcentage d’utilisateurs qui ont acheté ou pas un produit selon sa notation, (car l’appli propose un bouton « ajouter à ma conso »). « On peut par exemple savoir que 20 % des utilisateurs n’ont pas acheté tel produit après avoir découvert que son évaluation sur le critère pesticide était mauvaise », explique Christophe Hurdin. La start-up sait aussi quels sont les critères les plus plébiscités par les utilisateurs.

Les consommateurs soucieux des pesticides... moins de l’épuisement des ressources naturelles

Après un mois d’utilisation et 7 000 téléchargements, myLabel a fait un premier bilan. 82 % des utilisateurs ont placé les critères relatifs à la santé devant ceux concernant la planète et la société. « Si on va un peu plus dans le détail, on découvre que le score nutritionnel compte moins que la présence de pesticides et d’additifs », note Christophe Hurbin. 

Concernant les critères relatifs à l’environnement, les utilisateurs sont surtout soucieux de la présence d’huile de palme et de l’origine locale des produits, moins de l'exploitation des ressources naturelles et de la déforestation. Côté « société », les critères les plus plébiscités sont le bien-être animal, la juste rémunération des agriculteurs et le travail des enfants, devant la transparence des entreprises et la lutte contre les discriminations.

Risque de biais ?

Le risque est de voir certaines marques tout faire pour améliorer leur évaluation sur les critères les plus plébiscités et oublier les autres. « Oui, mais si c’est ce que veulent les consommateurs... », argumente Christophe Hurbin. Certes, mais les consommateurs ont-ils forcément raison ? « Une fois qu’elles se seront améliorées sur les points essentiels, les clients deviendront plus exigeants sur d’autres critères et les marques suivront », prédit Christophe Hurbin. 

On l'espère !

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