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un bébé bizarre vous regarde

Fan de Yuka ? Son système de notation vous carotte !

Le 17 oct. 2018

Amoureux du bio ou inquiets de la malbouffe, les adeptes de Yuka sont déjà plus de 6 millions. L’application qui note la qualité de nos aliments fait un carton. Mais ses méthodes de notation sont-elles totalement fiables ?

La révolution Yuka est en marche ! Créée en 2016, cette application de notation des produits alimentaires cartonne. Déjà 6,7 millions d’utilisateurs ont installé l'appli sur leur smartphone, et scannent compulsivement le code barre de leurs produits alimentaires. Du petit pot de junior aux boites de conserves de papi, Yuka est capable d'attribuer une note sur 100 à chacun. Le tout est assorti d’un code couleur et d’une mention : « excellent », « bon », « médiocre » ou « mauvais ». 

Pour déterminer cette notation, Yuka s’appuie sur plusieurs critères. Le premier et le plus important reste la qualité nutritive du produit. Il représente 60% de la note et contient des informations de base comme le nombre de calories, les taux de sucres, de lipides ou de sel. Vient ensuite la présence des additifs alimentaires qui sont classés comme « sans risques » « risque faibles » ou « nocifs ». Leur présence compte pour 30% de la note. Enfin les 10% restants prennent en compte la présence d’un label bio.

Yuka a clairement bousculé les habitudes d’achat de ses utilisateurs. L'appli est devenue pour eux une sorte de guide. « Je ne suis pas aveuglément l’application, mais j'ai confiance en ce qu’elle me dit, indique Hugo, un utilisateur. J'ai regardé tous les produits que je prenais, donc pas mal de trucs végétariens, et voir que leurs notes étaient bonnes m'a conforté dans mes choix. » Même constat pour Manon qui est parfois étonnée par certains résultats. « Cela me permet de choisir sans être influencée par le discours « healthy » ou « green » du fabricant, explique-t-elle. Cela marche pour les gros industriels, mais aussi pour les marques dites « green ». J’ai découvert des produits de chez Naturalia avec un très mauvais score alors que les flûtes sésame produites par un supermarché sont bien notées. »

Le flou de la notation

Pourtant, à côté des louanges que peut recueillir Yuka, quelques voix semblent s’élever contre le manque de la fiabilité de son système de notation. Kévin, un autre utilisateur, estime qu'il reste trop flou pour lui. « Je l’utilise pour vérifier ce que je donne à mon enfant, explique-t-il. Techniquement ses céréales sont notées 95/100 mais cela reste des céréales du matin bourrées de sucre, donc pas très bonnes pour la santé. Mais comme il n’y a pas d’additifs, elles sont bien notées…. ». Même chose pour ces internautes qui contestent l’utilisation de la base des 100 grammes pour calculer les taux de lipides ou de glucides dans un produit. « Le parmesan est vendu par sachet de 60g et tu en utiliseras à peine 6-8g sur tes pâtes, explique claytonDRX sur le forum de Qualiter. Le tout rapporté à un mois, il n'est pas problématique. Mais Mme Michu ne verra que la pastille rouge sur Yuka, qui estime que tu vas siffler 100g de parmesan en une seule fois, le soir-même. »

Aux sources du problème

La part des 30% de la notation sur les additifs concentre une bonne partie des critiques. Dans sa vidéo "Yuka est-il fiable ?", le vidéaste Mister Poison, estime que les sources de l’application sont loin d’être scientifiques. En effet, sur le site internet de Yuka on apprend que les développeurs se basent sur des articles de UFC Que Choisir mais aussi sur des livres plutôt controversés comme Les additifs alimentaires de Maire-Laure André, ou Additifs alimentaires, danger de Corinne Gouget. La première est une nutritionniste, la seconde est une autrice qui a évolué dans des sphères complotistes. Les deux sont critiquées pour faire du cherry picking, c’est-à-dire de choisir les études qui les arrangent pour mettre en avant des résultats plus alarmistes que la moyenne. Interrogée sur le sujet, la co-fondatrice de Yuka, Julie Chapon assure que les sources sur le sujet sont bien plus larges. « Ces livres sont une partie de nos sources, mais nous en mixons d'autres (livres, revues et sources scientifiques), comme les travaux de l'UFC Que Choisir, les données de l'ANSES, du CIRC, de l'EFSA et de nombreuses études indépendantes, indique-t-elle. Le fait que la recherche soit toujours en cours n'empêche pas d'alerter sur ce qui a été publié à ce jour et d'informer sur les risques potentiels déjà soulevés dans de premières études et analyses. Nous souhaitons vraiment appliquer le principe de précaution sur ce sujet et ne pas attendre des dizaines d'années avant qu'un additif controversé finisse par être interdit. »

La recherche pas encore au point

Pour Mathilde Touvier, Directrice de recherche à l’Insern, l’état actuel de la recherche ne permet pas de décider si un additif est nocif ou pas pour l’humain. « Le problème est bien plus complexe qu’il en a l’air explique la scientifique. La plupart des études qui portent sur les additifs ont été faites sur des animaux et certaines d’entre elles donnent des résultats contradictoires. L’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) mène actuellement une réévaluation des 338 additifs utilisés par les industriels. On sait que certains additifs comme le dioxyde de titane ou certains émulsifiants sont mauvais pour la santé des souris, mais on ne sait pas si les mêmes effets sont transposables sur l’homme. De plus, ils n’en sont qu’à la moitié de la liste et n’étudient pas les effets cocktails, c’est-à-dire les associations des additifs entre eux. Pour toutes ces raisons, je dirais que le système de notation de Yuka n’est pas fiable, car il se base sur des informations parcellaires. »

Pensez aux alternatives

Alors finalement, faut-il éviter Yuka ? Pas nécessairement, quand on sait qu’il existe d’autres applications pouvant offrir des informations complémentaires. La plus grosse alternative reste Open Food Facts, une base de données open source qui a même servi de point de départ à Yuka. Créé par Stéphane Gigandet, Open Food Facts a déjà répertorié plus de 650 000 produits à travers le monde. Plutôt que de leur donner une note globale, l’application met en avant le nutri-score, mis en place par le spécialiste Serge Hercberg et qui classifie les valeurs nutritionnelles du produit en 5 catégories. À cela, s’ajoute une autre notation dite de NOVA. Cette dernière permet de classer les produits alimentaires en 4 catégories, en fonction de leur degré de transformation. Un soda fait par exemple partie des aliments ultra transformés et se voit octroyer une mauvaise note de 4. A l'inverse, une simple courgette sera classée dans la première catégorie. « On essaye d’être le plus pédagogique et le moins alarmiste possible, explique le créateur de la base. On ne dit pas qu’un produit est bon ou pas, on donne une note sur le plan nutritionnel, on note la transformation et on donne la présence des additifs ou des allergènes. Je pense que c’est important de garder une certaine neutralité. Il faut que les gens puissent voir les produits dans leur complexité et choisir selon leurs propres critères. » 

Vous l'aurez compris, Yuka est utile, mais encore imparfaite. Mais tant que les industriels n'afficheront sur leur emballage l'intégralité des informations concernant la provenance de leurs produits et le cocktail d'ingrédients ou autres additifs utilisés, il reste utile de jongler entre les différentes applications pour vous faire un avis ! 

Commentaires
  • merci pour cet article, en tant qu'adepte de la solution Yuka... en revanche, si je devais noter votre "copie", la note serait serait sâlée (donc médiocre :)... au vu du nombre de fautes d'orthographe présentes dans votre article...

  • Rien n'est parfait, notamment Yuka. Cet outil apporte tout de même une aide importante à ceux et celles qui veulent manger mieux. Sa facilité d'usage le rend très populaire, contrairement à d'autres moyens de vérification qui ne sont pas aussi accessibles. Je me demande donc si votre article n'est pas le début en douceur d'une offensive en préparation par l'industrie agro-alimentaire allié au milieu de la cosmétique ?

  • Cet article est commandé par Danone ? Kinder ? Nestlé ? Non car ok je veux bien que ça soit pas fiable à 100% mais à le mettre en une de l'ADN comme ça et avec des sources comme "un utilisateur de Yuka". Et pour info les tests de UFC que choisir sont des tests scientifiques...

  • "Mais tant que les industriels n'afficheront sur leur emballage l'intégralité des informations concernant la provenance de leurs produits et le cocktail d'ingrédients ou autres additifs utilisés, il reste utile de jongler entre les différentes applications pour vous faire un avis ! "
    C'est à moitié faux ! Les fabricants donnent la liste des ingrédients + les valeurs nutritionnelles, qui servent ensuite aux différentes applications. Donc non, nous n'avons pas besoin des applications pour connaitre la composition des produits, mais elle peuvent (si elles sont fiables) nous aider à analyser ces informations.

  • Madame Chapon estime-t-elle que le princpe de précaution s'applique également à la solanine (haricots crus), à la solanine (aubergine, tomates vertes, pommes de terre), au cyanure (amandes amères), à l'oxalate (rhubarbe, oseille, épinards, betterave, thé, cacao...), à la capsaicine (piments), à la glycyrrhizine (réglisse), à la myristicine (noix de muscade, curry...), à la cucurbitacine (concombre, courges, courgettes) ?
    Pourtant les effets toxiques de ces substances sont avérés sur l'homme, et non pas uniquement sur les souris (en 2015 un homme est mort à cause de la cucurbitacine dans un gratin de courgette). Mais il faut bien faire la distinction entre danger et risque, le principe de précaution NE PEUT PAS être systématique, et certains additifs sont essentiels à notre santé (les conservateurs préviennent les mycotoxines). D'un côté on dit qu'il faut diminuer le gaspillage et d'un autre on veut arrêter les choses qui nous permettent de mieux conserver et donc moins jeter...
    Dois-t-on stopper le café, parce que les études sont contradictoires (des études disent qu'il prévient des cancers, d'autres qu'il en favoriserait...) ? Yuka nous éclaire-t-il sur le café ? Sur l'acrylamide (due à la torréfaction, et à tout ce qui est grillé, pain comme viande), pourtant cancérigène ?
    Bref, non Yuka fait son shmilblick en toute opacité (il n'est dit nulle part sur leur site qu'ils se base sur des données des agences sanitaires), en prenant les libertés de décider mieux que les agences (dont c'est le travail !) de ce qui est bon ou non pour nous...
    C'est problématique.
    Conseiller Open Food Fact à la place me semble effectivement plus solide et ancré dans le réel, plutôt que sur une idéologie imposée à ses utilisateurs.

  • Les nutritionnistes sont très critiques des scores donnés par Yuka. Pour avoir creusé le sujet, je recommande plutôt l'application Nutri'Scan qui propose le score SIGA, bien plus fiable !.

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