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Une femme portant un masque de protection au téléphone
© ArtistGNDphotography via Getty Images

Le coronavirus aura-t-il raison de notre vie privée ?

Le 26 mars 2020

Il y a peu, il nous paraissait impensable que les mesures de surveillance citoyenne qui ont lieu en Chine soient dupliquées sur le territoire français. Et pourtant…

Elle semble loin, l’époque où l’on parlait RGPD et protection de la vie privée ! Dans la lutte contre le coronavirus, nos données pourraient être de fidèles alliées. Mais ce n’est pas forcément une bonne nouvelle sur le long terme.

 « Backtracking » vs covid-19

Les chiffres sont tombés, et à l’heure où nous sommes près de 3 milliards à être en confinement, agir apparaît urgent. Sur les conseils du comité d’urgence installé à l’Élysée en cette période de crise, le gouvernement a fait savoir le 24 mars 2020 qu’il réfléchissait à « l’opportunité de la mise en place d’une stratégie numérique d’identification des personnes ayant été au contact de personnes infectées. »

Cette pratique se nomme « backtracking » et consiste à remonter l’historique des déplacements de personnes contaminées.

Le RGPD au secours des autorités de santé

Dans un communiqué, le Comité Européen de la Protection des Données (CEPD) fait savoir que le RGPD permettait aux autorités sanitaires d’utiliser les données personnelles des internautes dans le contexte d’une épidémie. Nous y sommes : dans certains États membres de l’Union Européenne, les gouvernements envisagent d’utiliser les données de géolocalisation pour « surveiller, contenir ou atténuer la propagation de Covid-19 », peut-on lire.

En Italie, c’est une réalité depuis le 9 mars 2020 – soit la date de début du confinement. À partir de cette date, tous les pays-membres ont reçu l’autorisation d’en faire de même.

Des outils déjà en développement

Depuis cette annonce, de nombreux acteurs se saisissent de l’opportunité, à l’instar de l’Institut Big Data de l’Université Oxford, rapporte Sciences et Avenir, qui a mis au point une application pour suivre les contacts entre les personnes. En France, l’application CoronApp fait de même. En Belgique, la plateforme Dalberg Data Insights pourrait prédire les zones géographiques dans lesquelles le virus s’apprête à sévir.

Alors certes, nous n’en sommes pas encore au stade de la Chine ou de la Russie, où la reconnaissance faciale est utilisée pour punir les individus qui ne respectent pas le confinement... mais certaines personnes ne sont pas rassurées pour autant.

Mélanie Roosen - Le 26 mars 2020
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