premium
premium
Une banane pelée floutée
© Andrii Zastrozhnov via GettyImages

Et si les films X n’étaient pas si mauvais que ça ?

Le 7 sept. 2020

Tabous, sources de dysfonctionnement sexuels et créateurs de complexes, les films pour adultes sont accusés de bien des maux. Pourtant, une nouvelle étude canadienne conclut qu'ils n'ont pas d'impact négatif.

Regarder du porno n’est pas aussi nocif qu’on le pense. Une nouvelle étude publiée par le Journal Of Social and Personal Relationships suggère que la consommation de films pornographiques ne nuit pas aux relations romantiques et à l’activité sexuelle au sein du couple.

Mettre un peu de porno dans son couple ?

Menée au Canada, cette étude est la première à interroger les participants et participantes quotidiennement afin d’avoir des données réelles qui ne dépendent pas de la perception ou de la mémoire des sujets. Pendant 35 jours, 77 couples homosexuels et 140 couples hétérosexuels ont consigné leur consommation de films cochons, leur activité sexuelle, le niveau de leur désir sexuel ainsi que leur niveau de satisfaction par rapport à leur relation. Résultat : inutile de diaboliser la consommation de porno ! L’analyse des données indique même une corrélation entre le visionnage de films pornographiques et une hausse du désir sexuel ainsi qu’une plus grande probabilité d’activité sexuelle avec son ou sa partenaire.

Les résultats diffèrent toutefois selon le genre et la sexualité des participants. Chez les femmes et les hommes dans une relation homosexuelle, regarder des films pour adultes augmente la probabilité d’un rapport sexuel. Pour les hommes dans une relation hétérosexuelle, regarder des films porno n’est pas lié au désir sexuel du sujet. En revanche, elle correspond à une baisse de désir de la partenaire. Dans tous les cas, la consommation de films pour adultes n’est jamais associée à une insatisfaction dans la relation romantique. « Les résultats suggèrent qu’il ne faut pas conclure trop vite que la consommation de pornographie engendre des difficultés dans le couple », conclut Marie-Pier Vaillancourt-Morel, l’une des autrices de l’étude.

Pas d'impact sur la santé mentale ou la satisfaction sexuelle

Pourtant très largement répandue, la consommation de pornographie reste taboue et associée à des effets négatifs. En février 2020, un sondage YouGov indiquait que 2/3 des jeunes regardaient des films X et que 20 % d’entre eux pensaient que cela avait un impact négatif sur leur vie sexuelle. Or, un article paru au même moment dans le Sexual and Relationship Therapy réfutait également cette idée.

Menée par des chercheurs et chercheuses britanniques, l’étude conclut que la consommation de films X n’a pas d’impact sur l’activité sexuelle ou le bien-être psychique des sujets étudiés. Même avec 80% de personnes interrogées qui qualifient les films pour adultes de « peu ou pas du tout réalistes », aucun lien avec une perception négative de ses propres performance ou d’attitudes sexistes n’est mis en évidence par les chercheurs. De quoi relativiser – et déculpabiliser – la pratique.

Alice Huot - Le 7 sept. 2020
À lire aussi
premium2
premium2

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.