Une femme avec du crayon sur le visage comme avant une opération chirurgicale

2021, année de la chirurgie esthétique

© Joeyy Lee via Unsplash

La pandémie de Covid-19, les confinements successifs et les Zoom à répétition nous donnent des envie de bistouri. 

Alors que la pandémie de Covid-19 a mis certaines industries à genoux, celle de la chirurgie plastique se porte bien. Même très bien. En 2020, la demande pour des opérations esthétiques a connu un vrai boom aux quatre coins de la planète. De la Corée du Sud aux États-Unis en passant par le Royaume-Uni, on observe le même phénomène. Pour certains, le coupable ne fait aucun doute : le Covid-19.

L’année 2020 a été marquée par différentes périodes de confinement qui ont fait éclore de nombreuses injonctions au développement personnel. Relire l’intégrale de Zola, maîtriser l’art du pain au levain, apprendre l’islandais ou faire du sport 5 fois par semaine... En gros, émerger de cette période difficile avec une version améliorée de soi-même. Sauf que dans les faits, les Rougon-Macquart sont restés à leur place et que le tapis de yoga a pris un peu de poussière. La chirurgie esthétique devient alors un moyen rapide de se conformer à cet objectif d’amélioration de soi. Mais ce n’est pas la seule raison qui explique ce boom.  

La dysmorphie, l’autre pandémie

Sur le banc des accusés, on retrouve Zoom – et toutes les autres applications permettant de faire des visioconférences. À force de voir notre tête sur l’écran de notre ordinateur à chaque réunion, on ne peut plus l’encadrer. Et ce que l'on considérait comme des petits défauts se transforment en énormes problèmes. Fin 2020, la revue Facial Plastic Surgery & Aesthetic Medicine évoquait carrément une pandémie de dysmorphie.

Alignements des planètes

En plus de nous obliger à observer notre visage à chaque réunion, les confinements et la généralisation du télétravail créent les conditions idéales pour passer sous le bistouri. Outre le fait d'avoir plus de temps pour se regarder dans le miroir, la fermeture des restaurants, bars et lieux culturels a permis à une partie de la population de mettre de l’argent de côté. De quoi investir dans des injections de botox, par exemple. Enfin, le télétravail permet de récupérer d'une opération du fond de son canapé sans avoir à prendre un jour de congé ou se justifier auprès de ses collègues. Un véritable alignement des planètes pour le monde de la chirurgie et de la médecine esthétique.

Le Covid-19, catalyseur de tendances

La pandémie a créé les conditions idéales pour booster le secteur de la chirurgie esthétique mais est loin d’avoir créé le mouvement. Le Covid-19 n’est pas un créateur de tendances mais un catalyseur. À y regarder de plus près, on voit que la chirurgie esthétique se développe comme le contre-poids de la tendance « no makeup » , « nude » et naturelle. Sur TikTok, où des ados se soumettent volontairement au jugement de leurs pairs, le #nomakeup enregistre 2,7 milliards de vues quand le #plasticsurgery culmine à 3,8 milliards. Les chiffres parlent d'eux-mêmes.

premium2
commentaires

Participer à la conversation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.