Une femme en maillot au bord de la piscine avec un voile de mariée

« Memoon » : elles partent en voyage de noces avec elles-mêmes

© Armon Rimoldi et freepng.fr

Alors que mariage et vacances au bout du monde connaissent une drastique chute de popularité, le voyage de noces pourrait bien être relégué au placard. C'était sans compter sur la memoon.

On s'aime, et on se plaît à s'émerveiller et se choyer. Pourquoi alors ne pas célébrer la relation entre nous et nous-même par un voyage idyllique en solo ?

C'est quoi la memoon ?

Nul besoin d'échanger des vœux en robe blanche et costume trois-pièces pour partir en Toscane vivre sa meilleure vie dans une maison d’hôtes aussi pittoresque que cossue. Avec la memoon (ou unimoon), néologisme composé de me + moon (pour honeymoon, voyage de noces en anglais), certains célibataires n'hésitent plus à célébrer leur liberté et leur relation à eux-mêmes en rejoignant en solo la destination de leur rêve. Au programme : champagne, balades romantiques, mets délicieux, vins enivrants et paysages somptueux. C'est le cas de l'influenceuse Brittany Allyn. À 36 ans, lassée d'attendre son âme-sœur (ce concept désuet) la jeune femme a décidé de s'offrir le voyage dans le sud de la France dont elle rêvait depuis des années. Alors que sa bio TikTok proclame fièrement « 👑 of the #memoon », la jeune femme a assidûment documenté cet été son voyage sur la Côte d'Azur, démocratisant l'expression au passage et galvanisant l’intérêt des troupes pour le phénomène. Depuis, la #memoon atteint en quelques mois seulement les 9 millions de vues.

@thirtywaves

Day 1: my bougie #memoon in the South Of France 🌊🇫🇷 #travelvlog #memoon #solomoon #30s #travelbucketlist #frenchriviera #fyp #foryou

♬ I Love You So - The Walters

Moi + moi = ❤️

Pas étonnant que la formule fasse des émules à l'heure où la génération Z délaisse la forme traditionnelle du couple au profit du situationship, un genre de relation combinant sexe, respect, intimité et surtout... pragmatisme. Comme souligne Elizabeth Armstrong, professeur de sociologie à l'Université du Michigan aux États-Unis : « L'intérêt est mondial, il concerne toutes les ethnies, genres et orientations sexuelles. » Sans doute car il s'agit de remettre en cause le fameux « escalator relationnel », en référence à l'idée jugée trop restrictive qu'il est nécessaire de suivre une courbe ascendante cochant certaines étapes (emménagement à deux, premier enfant etc...) afin de « réussir sa relation. » À la place, il est question de favoriser des relations servant un but précis à une certaine période de la vie, en étant bien conscient que la relation a probablement une date de péremption. Sans que cela ne l'amoindrisse pour autant. L'occasion de multiplier des memoon aussi joyeuses que réparatrices ?

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