illustration ovule et spermatozoides en sens inverse

L’humanité va-t-elle disparaître pour cause d'infertilité ?

© Nadezhda Moryak via Pexels

Après la crise économique, la pandémie ou la cyber-guerre, le prochain grand défi de l’humanité s’appelle… l’infertilité. C'est le sujet du livre Génération infertile ? d'Estelle Dautry, Pauline Pellissier et Victor Point. 

Entre 1973 et 2011, la production de spermatozoïdes en Occident aurait chuté de 59 %. Conséquence, expliquent les journalistes Estelle Dautry, Pauline Pellissier et Victor Point dans Génération infertile ?, à partir de 2045, la majorité des couples devrait avoir recours à la procréation médicalement assistée. Les causes de cet effondrement sont connues. Les produits chimiques, notamment les phtalates et le bisphénol encore présents dans de nombreux plastiques, mais également la consommation d’alcool, de tabac ou de cannabis et l’âge de plus en plus avancé des parents lors de la conception de leur premier enfant.

« De la détresse au business »

Notre infertilité a aussi un coût. Une naissance par insémination artificielle « coûte » 7 088 euros à la Sécurité sociale, une naissance par FIV, 13 849 euros. Alors que sur 6 500 couples ayant suivi des traitements de FIV entre 2000 et 2002, 71 % étaient parents huit ans après (FIV réussies, naissances spontanées, adoptions…), on est passé « de la détresse au business ». Beaucoup se lancent dans des démarches onéreuses et souvent hasardeuses : intervention à l’étranger, médecines douces, acupuncture, yoga, coach de fertilité… Devenant la cible d’un marché florissant et pas toujours éthique. 

Mais le défi est plus global. Comme le constatait Margaret Atwood, auteure de La Servante écarlate (1985) qui avait fait des problèmes de fertilité le point de départ de sa dystopie : « La question à résoudre, c’est l’avenir de la planète. Si on n’y arrive pas, peu importent les droits des femmes, car il n’y aura plus de femmes. » (France Inter, 2019).

À lire : Génération infertile ? De la détresse au business, enquête sur un tabou, Autrement, mars 2022.

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