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Les suprémacistes blancs s’en prennent à Netflix

Le 10 févr. 2017

Une accusation aussi absurde que surprenante : avec sa nouvelle série, Netflix ferait du « racisme anti-blancs ».

Avec la sortie de la série Dear White People, adaptée du film du même nom, Netflix ne pensait pas s’attirer les foudres du groupe d’extrême droite Alt-right, connu pour ses revendications racistes, conspirationnistes, et suprémacistes. La fiction raconte le quotidien de jeunes étudiants Noirs au sein d’une université de renom, où la majorité des élèves sont Blancs.

Dear White People | Date Announcement [HD] | Netflix

Suite à la diffusion du trailer sur YouTube, les réactions ne se sont pas fait attendre. Un déferlement de remarques haineuses, d’appels au boycott et de menaces de désabonnement au motif que Netflix ferait du racisme anti-Blancs.

Aussi improbables que violents, les commentaires s’enchaînent sur YouTube, où la vidéo recueille 10 fois plus de dislikes que de likes…

Même combat sur les réseaux sociaux, où les suprémacistes s’embourbent dans un délire conspirationniste qui fait franchement craindre pour la santé sociale des Etats-Unis.

A l’ère Trump, et alors que les messages d’union et d’empathie se multiplient, certains préfèrent brandir des menaces imaginaires depuis leur clavier. L’argument principal des détracteurs du show est qu’une telle série n’aurait pas pu voir le jour si elle s’était appelée « Dear Black People », « Dear Hispanic People » ou encore « Dear Asian People ».

Sauf que l’objet de la bande-annonce, à savoir les « blackfaces », cette pratique qui vise à se grimer le visage en noir pour se déguiser, est une problématique bien réelle et encore très actuelle… Y compris de ce côté-ci de l’Atlantique.

Netflix adresse un sujet de société et pointe du doigt des attitudes qui peuvent heurter toute une communauté : on a beau décortiquer la bande-annonce sous toutes les coutures, point d'appel au « génocide blanc », comme ont pu le suggérer...

Le réalisateur du film original, Justin Simien, a souhaité prendre la parole sur Facebook. Dans un post désormais indisponible, il exprimait qu’au moment de la sortie, il avait subi un déluge d’attaques, le traitant tour à tour de « singe », de « raciste inversé », et lui demandant de « retourner en Afrique ». « Mais aujourd’hui, je suis étrangement encouragé dans ma démarche. Que l’annonce d’une date et une vidéo montrant une femme de couleur demandant (poliment) qu’on ne se moque pas d’elle puissent faire peur à certains justifie totalement pourquoi j’ai décidé de faire cette série ».

Pour le moment, difficile de savoir si l’appel au boycott a eu un réel impact sur le nombre d’abonnés de Netflix, les équipes ne s’étant pas prononcé sur le sujet pour le moment. Affaire à suivre, donc. Et rendez-vous en avril.

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