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Un défilé de mode
© Brunel Johnson via Unsplash

Pas de sèche-cheveux, pas d'avion... la Fashion Week essaie d'être plus durable

Le 13 sept. 2019

Derrière les paillettes de la Fashion Week se cache l'une des industries les plus polluantes du monde. Alors en 2019, certaines marques de luxe tentent de concilier rêve et émissions carbone neutres. Sacré défi.

Alors que la Fashion Week de New York touche à sa fin et que celle de Londres est en train de débuter, Gucci a annoncé que son show milanais aurait une empreinte carbone neutre. « Nous allons compenser toutes les émissions carbone. Du transport des 1 000 invités et des 900 personnes qui travaillent sur le défilé jusqu’au bois du catwalk et les invitations en papier recyclé », a expliqué Marco Bizzarri, PDG de Gucci, au New York Times. Une décision alignée avec le Fashion Pact signé par Kering, maison-mère de Gucci, lors du G7.

Le premier défilé zéro émissions carbone

Même ambition pour la créatrice Gabriela Hearst qui a orchestré le premier show éco-responsable lors de la Fashion Week de New York. Pour relever le défi, la créatrice de prêt-à-porter de luxe a fait appel à l’association EcoAct, spécialiste de la décarbonisation des entreprises. Comme chez Gucci, les émissions de carbone ont été compensées via des dons au projet Hifadhi – Livelihoods au Kenya.

Un calcul difficile à faire

Début septembre, Emily Farra, journaliste spécialisée dans les questions de durabilité chez Vogue, expliquait que personne ne connaissait précisément le bilan écologique d’un défilé de mode. Il faut dire que les grandes maisons rivalisent de créativité pour créer des shows toujours plus impressionnants. Et quand, par exemple, Chanel abat des arbres pour son show, l’addition est tout de suite plus lourde pour la planète.

Traiter le problème à la source

Gabriela Hearst a donc surtout fait attention à réduire au maximum les émissions de carbone de son défilé. Prendre le problème à la source pour éviter de compenser par la suite, donc. La créatrice s'est assurée de ne caster que des mannequins qui étaient déjà sur place, afin que personne n'ait besoin de prendre l'avion. Côté cocktail, les invités ont pu découvrir des produits locaux et de saison. Mais c’est dans les coulisses que s’est joué l’un des plus grands défis du défilé.

James Pecis, le coiffeur en charge du défilé, avait interdiction d’utiliser des appareils électriques. Exit les sèche-cheveux et les fers à lisser ou à boucler brûlants. Les modèles aux cheveux longs ont été coiffées avec une queue de cheval très travaillée. Mais chaque coiffure était nouée avec un lien… en cuir. Dommage.

Et si le problème n'était pas les défilés ?

Les ambitions de Gabriela Hearst et de Gucci pour des défilés « zéro carbone » envoient un signal positif. Mais éclairer les backstages à la bougie plutôt qu'aux ampoules haute consommation masque un autre problème, bien plus gros : celui de l’industrie de la mode elle-même. L'industrie qui repose sur notre surconsommation de vêtements, reste nourrie par la grand-messe bi-annuelle et internationale qu’est la Fashion Week. En Suède, le Swedish Fashion Council a tranché et a carrément décidé d'annuler la Fashion Week de Stockholm.

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