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Breaking Bad

Vous gérez bien votre argent ? Bon ben vous êtes probablement un « salaud »

Le 18 oct. 2018

Trop bon, trop con ? En matière d’argent, c’est vrai, et c’est la science qui le dit. Des chercheurs britanniques et américains ont mis en évidence les liens entre personnalité et état du compte en banque. Malheureusement, on ne peut pas tout avoir.

Les « salauds » se débrouillent mieux avec l’argent. C’est le résultat d’une étude d’envergure menée par Sandra Matz, professeur en business management à l’Université de Columbia et Joe Gladstone, professeur de science social à University College London. Les deux chercheurs se sont intéressés aux liens entre personnalité et gestion financière. Si vous voulez faire plaisir à votre banquier, soyez un peu moins sympa au quotidien.

Qu’est-ce qui fait « un salaud » d’une « bonne personne » d’après la science ? Pour mener leurs recherches, les auteurs de l’étude ont utilisé la taxonomie Big Five Factors. Cette classification oppose l’amabilité – catégorie des gens biens - à l’antagonisme – là où on trouve les autres. D’après la définition, les gens « aimables » possèdent six traits de personnalités principaux : ils sont indulgents, souples, chaleureux, conciliants, modestes et compatissants. Des gens sympas, donc.

L’étude publiée au Journal of Personality and Social Psychology s’appuie sur les données de plus de 3 millions de participants aux USA et au Royaume-Uni.  Les auteurs ont combiné des questionnaires en ligne avec des données disponible publiquement. Et les traits de personnalité des « gens aimables » se retrouvent invariablement associés aux difficultés financières. « Nos recherches montrent que les personnes « aimables » sont plus souvent soumises à des épreuves financières comme des épargnes plus faibles, des dettes plus importantes et des taux d’intérêt plus élevés. » explique Joe Gladstone, co-auteur de l’étude.

Les chercheurs ont attribué des notes d’amabilité aux villes et aires géographiques. Ils ont ensuite comparé les notes avec les données financières locales disponibles publiquement. Résultat des comptes : les villes avec la meilleure note de sympathie affichent un taux de faillite 50% plus élevé qu’ailleurs.

Evidemment, ne pas être un salaud n’est pas le seul facteur de vulnérabilité financière. L’étude a également analysé le niveau de revenu des sujets. Sans surprise, les personnes « sympas » et à faibles revenus sont d’autant plus sujettes aux difficultés financières comme l’endettement et une épargne faible. L’étude mesure différents types de difficultés financières, notamment l’endettement et l’épargne. Et même au sein des « gentils », on n’est pas tous égaux face à la gestion de son épargne. Les « gentils » avec un haut niveau de revenu n’ont pas plus de problème d’épargne que les « salauds ». En revanche, pour ceux qui ont un faible niveau de revenu, c’est la double peine. Il y a donc pire qu’être pauvre : être un pauvre gentil.

Des études précédentes sur le sujet ont montré le même résultat : les salauds s’en sortent mieux financièrement. L’hypothèse avancée était que les « gentils » seraient de moins bons négociateurs. Plus vulnérables, ils seraient facilement manipulés par les personnalités dites « antagonistes », leur pendant maléfique. On pense à la figure du golden boy de Wall Street. Assez peu représentés comme des gens faisant preuve d’une grande bonté, il faut bien l’avouer.

L’étude de Martz et Gladstone, en démontrant que les « gens aimables » accorde une plus grande attention à la relation qu'à l'argent, prouve sans doute que même moins riches, les gentils entretiendront une bonne relation... même avec leur banquier. Et ça, c'est sans doute une bonne nouvelle... pour les banquiers. 

Crédit Image : AMC - Breaking Bad

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