Quatre filles assises sur un escalier devant un immeuble de briques rouges

Crop top et combat boots, l'uniforme des Z au bureau

© Girls

Pas de thune et pas envie d'enfiler un déguisement pour aller travailler. Avec les Z qui débarquent au boulot, c'est casual Friday toute la semaine.

Octavia, Munichoise de 34 ans, ne cache pas son exaspération. Alors que les températures tombent avec l'automne, elle a passé le week-end à essayer de dénicher un pull élégant à porter au sein de son département des ressources humaines. Mais impossible de mettre la main sur un haut qui recouvre son nombril. « On ne peut plus trouver de fringue qui ne soit pas crop ! Il fait froid, cela ne tient pas chaud, et je ne peux pas me pointer au bureau avec un haut aussi court. Je ne comprends pas le projet... » Le projet, c'est celui de la Gen Z, qui ne compte pas renoncer à ses crop tops, ses shorts et ses larges chemises à motifs pour aller bosser.

Mon royaume pour un crop top

Après l'obtention de son diplôme en science politique en Floride, Santina Rizzi a rejoint un cabinet d'avocat où l'étiquette préconisait l'adoption de tenues dites « business casual. » Dans ses vidéos TikTok GRWM (get ready with me, prépare-toi avec moi) où elle présente ses tenues du jour, Santina revendique plutôt le port du crop top, un type de haut coupé court, souvent au-dessus du nombril. Cela ne passe pas très bien, mais les crop tops restent. Et la suivent sur son deuxième emploi de community manager pour un médecin esthétique. « Je ne compte pas acheter de vêtements spécialement pour mon travail. Je suis plutôt têtue de ce côté-là », a-t-elle expliqué au New York Times. Alors, les crop tops sont-ils en passe de devenir la nouvelle norme ?

@sanrizzle

Its me, im the problem 🤷‍♀️

♬ Anti-Hero - Taylor Swift

Depuis plusieurs années déjà, les codes vestimentaires se sont assouplis sur les lieux de travail, même dans les banques de la vieille garde. Piercings et tatouages sont désormais acceptés, parfois même recommandés dans certains milieux. (Accepteriez-vous de faire confiance à un DA dont les avant-bras ne seraient ornés d'aucune manchette fleurie ? ) Et la tendance n'ira probablement qu'en s'accentuant. « Avec les employeurs qui cherchent à inciter les travailleurs à revenir au bureau et les coûts de... et bien de tout, qui montent en flèche, la prochaine évolution de nos garde-robes de travail pourrait bien être la libération de nos nombrils », observe The New York Times. D'autant plus qu'avec les nombreux confinements et l’adoption massive du télétravail, troquer son legging taille haute contre un pantalon avec une fermeture éclair semble de plus en plus insurmontable. Camille*, professeur d'anglais lyonnaise de 26 ans, ne s'en cache pas : « À chaque fois que je dois enfiler mes habits de travail, j'ai l'impression de mourir à l'intérieur. »

Des vêtements qu'on ne peut porter que quelques jours dans la semaine, non merci

Malgré les commentaires dont écope la jeune fille sous certaines vidéos ( « Tenue irrespectueuse !  », « Pas professionnelle, je la mettrais à la porte !  » etc.), Santina s'en tient à son choix. Pas question de dépenser de l'argent (qui ne coule pas à flot) pour se procurer des tenues qu'elle ne portera que quelques jours dans la semaine, surtout si ces vêtements ne correspondent pas à son style ou s'ils n'ont pas été produits dans des conditions durables. D'autant plus que la jeune fille est adepte de minimalisme. Même ressenti confié au New York Times par Jane Yee, australienne de 22 ans : « Je ne veux pas dépenser de l'argent pour des vêtements corporate que je porterai uniquement de 9 à 5 heures. »

Pour Jane et Santina, les vieux arguments avancés en faveur du code vestimentaire ne tiennent plus la route. Le média américain souligne : « La prévention du harcèlement au travail est généralement l'une des principales justifications à l'adoption d'un code vestimentaire, c'est un outil avec lequel les employeurs tentent de protéger les employés des distractions et commentaires indésirables — une priorité encore plus importante depuis le début du mouvement #MeToo. Mais en matière de garde-robe, beaucoup pensent que l’instauration d'un lieu de travail respectueux ne découle pas du choix de tenue des employés le matin, mais des réactions de leurs collègues. »

*Le prénom a été changé

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