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« Upload » : quand la danse hip hop racontre notre rapport ambigu aux machines
© Anne Nguyen pour L'ADN Dance Living Lab

« Upload » : quand la danse hip hop raconte notre rapport ambigu aux machines

Le 11 déc. 2020

Face aux innovations scientifiques, peut-on encore choisir ou seulement subir ? C’est la question posée par le quatrième rendez-vous de L’ADN Dance Living Lab, un nouveau format de rencontre entre chercheurs et chorégraphes en partenariat avec le 104 Paris. Zoom sur la collaboration entre la scientifique Mélanie Marcel et la chorégraphe Anne Nguyen.

Avec L’ADN Dance Living Lab, nous avons voulu poser une question : comment la danse nous permet-elle de porter un regard décalé et singulier sur certains des grands enjeux de l’époque ? Le concept est simple : inviter 4 artistes reconnus du spectacle vivant à rencontrer 4 chercheurs, puis proposer aux artistes de créer de courts films autour de ces échanges. 

Le 3 décembre 2020, la chorégraphe Anne Nguyen, issue de l’univers du hip-hop, et Mélanie Marcel, spécialiste des neurosciences et du rapport humains-machines, ont dévoilé le fruit de leurs questionnements.

À l’heure où l’interaction cerveaux-machines relève plus du réel que de la science-fiction, que signifie être humain ? Face aux innovations scientifiques, peut-on encore choisir ou seulement subir ? Qui du robot ou de l’Homme est le plus déterminé ? Le plus libre ? Autant de sujets que l’artiste et la chercheuse ont abordés sous la direction artistique de Maxime Fleuriot.

Comme les machines, « nous vivons dans un programme »

De leurs discussions est né Upload, un film de 10 minutes tourné en quelques jours au 104 Paris. Mi-homme, mi-machine, le danseur Blondy y interprète une danse robotique, une variante du popping en hip-hop. À la lumière d’enjeux actuels comme les interactions possibles entre humains et machines, la chorégraphe Anne Nguyen s’est tournée vers une danse mécanique dont les mouvements, parfois absurdes et désarticulés, nous feraient presque douter de l’humanité du danseur. 

« Ayant fait des études de physique, j’ai toujours conservé un certain esprit d’analyse, explique la chorégraphe passionnée de sciences. C’est un processus de réflexion que j'utilise beaucoup dans la danse. » Avec Mélanie Marcel, elle s’est interrogée sur le degré de déterminisme qui conditionne nos vies, et pas seulement celles des machines.

« À l’heure où la science a découvert énormément de choses sur l’humain, sur les données qui déterminent certains de ses comportements (gènes, culture, éducation…), il est important de prendre conscience des choses qui nous contraignent, poursuit la chorégraphe. On vit tous dans un programme, et ce programme on l’écrit nous-mêmes, à chaque seconde. » De quoi mettre en relief ce que nous attendons des innovations scientifiques et des combats qu’elle doit mener ou non. 

En fond sonore, une discussion entre la chorégraphe et le danseur questionne ce qui nous distingue d’une entité programmée numériquement. À la question, « quel est le sens de la vie ? », le danseur, mi-homme, mi-machine répondra : « je ne sais pas ». De quoi brouiller un peu plus les frontières entre conscience humaine et artificielle.


=> Voir la création précédente de L’ADN Danse : Comment s’adapter face au réchauffement climatique ? Avec l'explorateur Christian Clot et l’auteur David Wahl.

Margaux Dussert - Le 11 déc. 2020
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