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« Dans le noir, on voit mieux » : ce film raconte les états de transe par la danse
© Rachid Ouramdane pour L'ADN Dance Living Lab

« Dans le noir, on voit mieux » : ce film raconte les états de transe d'une chamane par la danse

Le 24 nov. 2020

Comment les états modifiés de conscience nous permettent d'accéder à un autre rapport au monde ? C’est la question posée par le deuxième rendez-vous de L’ADN Dance Living Lab, un nouveau format de rencontre entre chercheurs et chorégraphes en partenariat avec le 104 Paris. Zoom sur la collaboration entre la chamane Céline Dartanian et le chorégraphe Rachid Ouramdane.

Avec L’ADN Dance Living Lab, nous avons voulu poser une question : comment la danse nous permet-elle de porter un regard décalé et singulier sur certains des grands enjeux de l’époque ? Le concept est simple : inviter 4 artistes reconnus du spectacle vivant à rencontrer 4 chercheurs, puis proposer aux artistes de créer de courts films autour de ces échanges. 

Le 19 novembre, Céline Dartanian, ex-cadre d’un grand média devenue chamane il y a sept ans et Rachid Ouramdane, chorégraphe et directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble, ont dévoilé le fruit de leur collaboration. Sous la direction artistique de Maxime Fleuriot, ils se sont posé une question : comment les états modifiés de conscience – transe, hypnose… nous permettent d'accéder à un autre rapport au monde ? 

La transe, un phénomène spirituel… et physique

C’est à l’issue d’expériences physiques et émotionnelles troublantes que Céline Dartanian s’initie au chamanisme en Mongolie. Depuis elle tombe régulièrement en transe, un phénomène qu’elle explique ne pas contrôler sciemment. « Je me sens KO ou sonnée. Dès lors, je sais qu’il faut que je me dépêche car je me retiens de partir. C’est plus ou moins fort, ça passe par des sensations physiques, une voix puissante, j’ai les tympans qui grésillent… Alors le tambour m’accompagne et fait monter la transe un cran plus loin. C’est comme un cheval qui m’amènerait de l’autre côté. Je ne comprends rien de ce que je raconte car ce n’est pas ma langue, mais c’est magnifique. » 

Cet état de conscience modifiée, je ne le cherche pas. Je suis comme appelée au bord d’un précipice et je lui laisse la place. 

De l’autre côté, il y a ce qu’elle appelle un « monde invisible » dans lequel elle bascule. Partageant sa vie entre la France et la Mongolie où elle poursuit sa formation de chamane, elle raconte que le fait d’entrer en transe est devenu essentiel à son équilibre. « C’est une façon de trouver ma place dans le monde occidental, raconte l’ex-entrepreneuse. Pourquoi ce saut alors que j’avais un CDI dans une belle boîte ?  Parce qu’il me manquait cet alignement culturel, celui que m’a apporté mon enseignement en Mongolie. »

« Transe en danse »

Avec l’aide de Rachid Ouramdane, elle parvient à décortiquer la physicalité de son expérience de conscience modifiée, une expérience que le chorégraphe traduira plus tard par la danse. « J’ai été frappé par sa douceur, sa curiosité et par la grande violence physique qu’elle décrit à plusieurs moments. Je voulais saisir ce contraste entre la personne qu’elle est et celle qu’elle n’est plus quand elle rejoint le monde invisible, raconte Rachid Ouramdane. Après seulement une journée à échanger, elle a esquissé les premiers gestes de son rituel. J’y ai vu un début de métamorphose, le corps changer. »

En résulte le film Dans le noir, on voit mieux, une production pensée et tournée par le chorégraphe en seulement quelques jours. À travers les mouvements giratoires de la danseuse Lora Juodkaite, il raconte cette bascule de façon hypnotique. « Elle ne se perd jamais et sait exactement où se trouvent les choses autour d’elle. C’est troublant, poursuit-il au sujet de la danseuse dont les performances scéniques frôlent systématiquement la transe. Elle est comme l'œil d’un cyclone : au milieu. Pour elle, tout est calme et plus elle tourne, plus elle s’apaise... »

=>Voir la création précédente : Comment s’inspirer du vivant pour transformer l’indignation en action ? Avec la metteuse en scène Rocio Berenguer et le philosophe Laurent de Sutter.


  • Prochain rendez-vous de L’ADN Dance Living Lab :

Jeudi 26 novembre à 19h : comment s’adapter face au changement climatique ? Avec l'explorateur Christian Clot et l’auteur David Wahl.

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  • C’est quoi L’ADN Dance Living Lab ? 

Un nouveau format de rencontre sous forme d’émission en ligne, entre chercheurs et chorégraphes autour des grands thèmes portés par L’ADN. Le projet ? Inviter 4 artistes reconnus du spectacle vivant à rencontrer 4 chercheurs, puis proposer aux artistes de créer 4 courts films autour de ces échanges. Ces films, dont certains sont tournés au CENTQUATRE, partenaire du projet, vous seront présentés tout au long du mois de novembre. Découvrez l’un de nos 4 binômes artiste-chercheur chaque jeudi à 19h.

Margaux Dussert - Le 24 nov. 2020
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  • J’ai eu la chance d’avoir une mère qui communiquait avec le monde invisible, elle m’a initiée, la danse est une façon de d’entrer en transe mais les chamanes sont capables de voir ce que les autres ne voient pas, la transe permet grâce aux esprits de guérir une personne mais tout le monde ne peut pas être guéri. La façon que Céline Dartanian entre en transe est semblable aux danses turcs les derchives Turner.