ELLE et LUI rêvassent dans un train, assis l’un face à l’autre

Monstres marins ou votre double en deepfake... découvrez 5 expériences en VR qui vont vous scotcher

© Les Passagers de Ziad Touma © CNC

Au festival international du film de Genève, 40 productions – installations XR, cinéma VR et même théâtre immersif – avaient la part belle. On a sélectionné pour vous 5 œuvres VR totalement bouleversantes.

La plus apocalyptique : errer dans l'espace

Et si après avoir détruit l’environnement naturel de la Terre, l’humain s’incarnait en conscience ? C’est l’expérience soumise aux spectateurs de Samsara de Huang Hsin-chien. Dans cette œuvre qui a reçu le prix du meilleur scénario au dernier Cannes XR, on déambule sur une planète exsangue, au bord de l’implosion. La Nature se déploie une dernière fois dans une atmosphère de fin du monde. Dans la séquence suivante, nous voilà dans une navette spatiale, puis dans l’espace à errer. Que s’est-il passé ? Le spectateur remonte le fil de la catastrophe. Ce sont nos bras qui marquent notre évolution : de chair et de sang, ils deviennent des halos lumineux à mesure que nous devenons des êtres éthérés et curieusement, plus conscients.

La plus flippante : 20 000 lieues sous les mers

« Eva, do you read me ? – I’m here, Rachel » . Eva, c’est la voix de Charlotte Rampling qui vous guide à 20 000 lieues sous les mers. Vous êtes une exploratrice. C’est la première fois que ces abysses aux créatures luminescentes et fantastiques – poissons à la mine patibulaire, cafards fluo, plantes qui réagissent à la lumière – sont parcourus par un humain. L’émerveillement est total ! Sauf que le voyage tourne au cauchemar. Le thriller Biolum d’Abel Kohen est l’une des rares œuvres à avoir suscité les cris de surprise, parfois d’effroi des visiteurs du GIFF.

La plus interactive : dans la peau d'un autre

ELLE et LUI rêvassent dans un train, assis l’un face à l’autre. Ils ne se connaissent pas. À la gauche de l’homme, une dame d’un certain âge. À côté d’elle, un petit garçon au regard espiègle. Et enfin, un homme d’affaires particulièrement bruyant. Le voyage s’annonce long… Les Passagers de Ziad Touma avec au scénario, Nicolas Peufaillit (Les Revenants, Un Prophète) projette 4 spectateurs dans le corps et surtout dans les pensées des personnages. ELLE pense à son compagnon à qui elle aimerait avouer qu’elle ne veut pas d’enfant. LUI pense à ELLE qui lui rappelle ses échecs amoureux. La voix intérieure des personnages et l’action se modifient en fonction d’où le regard se pose et aussi, des réactions du spectateur. Une expérience dont l’interaction ne manque pas de nous surprendre.

Les Passagers de Ziad Touma © CNC

La plus « embuée » : partie fine

C’est dans le Red Corner, consacré aux propositions les plus « hot » du festival que se cache la pépite de cette sélection, In The Mist de Chou Tung-Yen. Des murs neutres, les volutes bleutées de la vapeur, l’ambiance est moite. Vous voici dans un sauna. À gauche, à droite, là où le regard se porte, des corps masculins s’observent, s’approchent, puis se mêlent. Parfois, vous vous troublez sous le feu ardent du regard de votre voisin. Souvent, vous vous perdez dans la contemplation des émois et des codes qui cadrent la danse amoureuse de ces messieurs. In The Mist est une expérience sensorielle d’une grande force, appuyée par le réalisme des images. Mais c’est aussi une réflexion sur les ressorts du désir dont bien des spectateurs ressortent avec le rouge aux joues.

La plus mytho : votre deepfake vous fera dire n'importe quoi

« Pourquoi es-tu encore ici, face à moi ?  », m’agresse mon alter ego numérique. Le même visage, la même voix, le même accent douteux en anglais, l’illusion deepfake est parfaite. Faketual Reality est une installation immersive imaginée par l’artiste Paulina Zybinska qui interpelle le spectateur sur la question du vrai et du faux à l’ère du deep learning. Dans une cabine qui capte son image, le spectateur est invité à répondre à des questions, un genre de test de personnalité ultra-raccourci, puis à lire un poème en anglais. En sortant, le voilà face à trois écrans, expliquant les méfaits du deepfake avant d’être confronté à trois versions vidéo de lui-même qui débite… ce qu’il n’a surtout pas dit. Troublant.

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