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parodie du président Trump avec une perruque
© Sassy Justice

Les créateurs de South Park lancent une nouvelle série à base de deepfakes

Le 3 nov. 2020

En pleine présidentielle américaine, la série satirique Sassy Justice met en scène un journaliste philanthrope arborant le visage du président Trump... grâce à la magie des deepfakes.

Au royaume des deepfakes, nous sommes tous aveugles. C’est peut-être la leçon à retenir du premier épisode de Sassy Justice, nouvelle série courte des créateurs de South Park, Trey Parker et Matt Stone. Dévoilé le 26 octobre sur YouTube, un premier faux reportage satirique met en scène le personnage Fred Sassy, journaliste star de la chaîne de télévision locale CH9News, à Cheyenne dans le Wyoming.

La particularité de ce personnage haut en couleurs ? Il arbore, trait pour trait, le visage de Donald Trump. Seules différences avec l'original : sa coiffure, et sa personnalité. Fervent défenseur des consommateurs américains et en croisade contre la désinformation, notre « Fred se bat pour le citoyen ordinaire de sa ville natale », expliquent les deux créateurs qui ont fait appel à la technique de trucage d’images des deepfakes pour fabriquer les protagonistes de leur nouveau show. 

Des deepfakes pour sensibiliser aux deepfakes

Abordant des enjeux profondément actuels, l’épisode se veut aussi drôle que pédagogique. On y suit le journaliste (dont les manières précieuses et délicates ne manqueront pas d’agacer le président) en train d’enquêter sur les dangers des deepfakes et de l’intelligence artificielle, deux outils de plus en plus utilisés pour manipuler l’opinion sur Internet

Et son message est clair : ne croyez pas tout ce que vous voyez et entendez, quand bien même cela semble convaincant. En période d’élections, le message a du bon. Au fil du reportage, Fred interviewe des personnalités publiques bien connues des téléspectateurs. Presque toutes sont générées à l’aide de deepfakes ultra-réalistes - sauf Tom Cruise qui a lui eu droit à une marionnette à son effigie.

De l’ancien vice-président des États-Unis Al Gore que l’on entend prononcer les mots « vagin » et « caca » à Mark Zuckerberg qui en profite pour faire de la pub pour des dialyses à prix défiant toute concurrence, en passant par un président Trump souffrant, mais fanfaronnant au sujet d’avoir battu le Covid-19… le tout dessine une fresque satirique des États-Unis et oscille constamment entre réalité, mensonges et faits alternatifs. 

Après la pub, ce serait donc au tour des fictions audiovisuelles de s’emparer des deepfakes. Plus tôt cette année, les marques Hulu, Spotify ainsi que l’ONG RepresentUS qui cherchait à mener les Américains aux urnes ont fait usage de la technologie pour promouvoir leur message.

Bien dans son époque et déboulant en pleine présidentielle américaine, Fred Sassy arrive à point nommé pour tordre le cou aux fausses informations. Du moins, essayer.

Margaux Dussert - Le 3 nov. 2020
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