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Love Death & Robot sur Netflix, deux robots discutent dans un monde post-apocalyptique
© Netflix

« Love, Death + Robots » : sur Netflix, le binge-snacking commence à agacer

Le 19 mars 2019

Production très attendue de Netflix, la série animée « Love, Death + Robots » produite par David Fincher divise. Quand certains puristes y voient de la « chair à binger » pour millennials, des amateurs de science-fiction, certes moins chevronnés, crient au génie.

Des produits laitiers qui prennent le contrôle du monde, des fermiers sauvant leur bétail des griffes d’aliens, une série d’uchronies (réécriture fictive de l’Histoire) revisitant la mort d’Hitler, trois robots errant dans une ville abandonnée… Série d’anthologie à la Black Mirror, la dernière production animée de Netflix « Love, Death + Robots » offre un patchwork de court-métrages sci-fi à déguster sur le pouce.

Expérimentale, jubilatoire, excitante (on retrouve ce sentiment d’impatience que nous procuraient les premiers épisodes de la série anglaise citée plus haut), la nouvelle production semble déjà rassasier les gros appétits de tech, de trash et d’humour noir. En tout cas pour nous, le pari est réussi. Mais certains ne sont pas de cet avis et regrettent que le format privilégie « la quantité à la qualité » dans l’optique de plaire au plus grand nombre.

De la « chair à binger » pour millennials ?

Variant de 6 à 17 minutes, les épisodes s’enchainent de façon obsessive mais ne se ressemblent jamais. Différentes histoires rétro-futuristes, différents protagonistes se succèdent en effet autour d’un fil rouge, peut-être l’unique cohérence de la série : de l’amour (mais surtout du sexe), beaucoup de morts, indéniablement, et de fait, énormément de robots. La création est pilotée par David Fincher et Tim Miller (le réalisateur de Deadpool) et a fait appel à plusieurs petites boîtes de production spécialisées en animation pour chaque épisode, dont deux françaises (le studio La Cachette et Unit Image).

Selon Netflix, qui teasait la série dans un communiqué, « Love, Death + Robots » est une série « facile à regarder, mais difficile à oublier ». Une formule magique bien dans son époque qui favorise effectivement l’instantanéité et le choix « à la carte » : on passe à l’épisode suivant si ce dernier ne nous plait pas, sans peur d’être spoilé. Et quand bien même il ne nous plairait pas, le format est tellement court que l’on peut décemment le voir jusqu’à la fin. Avec 18 épisodes au total, il y a en plus du choix…

« Du réchauffé » estampillé Fincher 

Et c’est bien là que certains reprochent l’absence de cohérence et de prise de risque artistique de la série. D’autres pointent aussi du doigt le fait qu’elle n’est qu’un pâle reflet de certains animés gores du même genre, sortis quelques décennies plus tôt. « Cette série de courts métrages est un retour en arrière intentionnel des bandes dessinées et des dessins animés pour adultes des années 1970 et 1980, alors que la violence et la nudité abondante étaient monnaie courante », rapporte The Verge en préconisant plutôt de regarder l’animé japonais « Robot Carnival » (1987), un recueil de neuf court-métrages animés également réalisés par différents auteurs. 

Selon Première, il s’agirait même d’un « clin d’œil assumé » au film Métal Hurlant (1981), adapté de la revue de bande-dessinée française du même nom. « Love, Death + Robots s'adresse non seulement aux jeunes fans de science-fiction, mais également aux geeks plus âgés » nostalgiques d’une certaine époque, poursuit The Verge. Et c’est bien là la magie de la chose.

Impressionnante de réalisme, la série explore aussi différentes imageries et univers 3D largement empruntés au monde du jeu vidéo. En outre, certains épisodes plus métaphoriques poussent à une interprétation plus ou moins libre de l’histoire. Bref, une réactualisation hommage qui n’a rien de ridicule à l’ère du snack content sur Netflix. Comme quoi, on peut faire du contenu à avaler cul sec sans pour autant s’asseoir sur la qualité. « Love, Death + Robots », c’est efficace oui, mais c’est aussi réussi.


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