habillage
premium1
premium1
un homme qui crie torse nu
© Billy Hunt via Unsplash

Engueulades, anxiété… Les mèmes peuvent-ils adoucir les mœurs ?

Le 7 déc. 2020

Aux grands maux les grands remèdes... aux grandes crises, les meilleurs mèmes.

Opinions divergentes et conflits familiaux, prises de bec entre amis, proches versant dans les théories du complotLa pandémie n’épargne pas nos vies intimes et rend parfois la communication impossible. Pour désamorcer la bombe, c’est même souvent mission impossible. Alors, comment adoucir nos rapports et rire de nos désaccords entre le fromage et le dessert ?  

Les mèmes, ces soupapes de décompression qui font du bien

Récemment confrontée à ce type d’impasse et après moult disputes avec une personne proche, il me fallait trouver un moyen de briser le silence, une soupape de décompression qui puisse apaiser les tensions. En bonne amatrice de mèmes, je suis tombée sur cette pépite qui m’a instantanément fait rire durant le confinement.

Après un énième débat houleux, j’ai fini par la partager avec la personne concernée. Nous en avons ri et je me suis dit que je tenais peut-être là une solution, une solution courtermiste qui s’apparente à un morceau de sparadrap peu étanche certes, mais une solution tout de même. En continuant de scroller sur mon téléphone (et de rire comme une baleine), je me suis mise à divaguer. 

Et si les mèmes pouvaient nous aider à faire face à cette crise ? Et s’ils pouvaient nous encourager à rire d’une situation qui échappe à notre contrôle ? Alors qu’ils ont déjà le pouvoir de nous sensibiliser au réchauffement climatique ou de nous faire surmonter un épisode dépressif, pourquoi ne pourraient-ils pas nous aider à survivre au flot discontinu d’informations, parfois aussi anxiogènes que la pandémie elle-même ?

Pour le magazine japonais Nikkei Asia qui s’est posé la question bien avant moi, « l’humour noir a toujours été un mécanisme d’adaptation humain dans les périodes les plus sombres », quand bien même certaines blagues peuvent sembler idiotes, voire cruelles. « Que ce soit chez les chirurgiens spécialisés en traumatologie ou chez les soldats, l’humour noir contribue à alléger la pression. » D’ailleurs, la science l’a déjà prouvé, poursuit le média, car le rire envoie des signaux positifs au cerveau, libère des endorphines et peut aider à soulager la douleur physique et le stress mental.

Se reconnecter aux autres

En période d’isolement, d’anxiété et d’incertitude, les mèmes et plus généralement le cynisme inhérent à l’humour Web répondent parfaitement à cette logique. Mieux, ils permettent de renouer des liens avec les autres et de s’apercevoir, au-delà des éventuelles frictions rencontrées, que ces « autres » vivent avec les mêmes craintes que nous. 

En ligne, les créateurs et créatrices de mèmes ne chôment pas. Sur Reddit, le fil de discussion CoronavirusMemes, lancé fin janvier, compte déjà plus de 95 000 membres. Son objectif ? « Faire rire du coronavirus » et « répandre un peu de bonheur dans ces moments de détresse ». 

Instagram et Twitter n’échappent pas non plus au phénomène et regroupent des mèmes populaires que l’on se partage en masse. 

Faire société

Qu’il s’agisse de rire, de vulgariser des débats de société ou d’inciter de jeunes électeurs à aller voter, leur utilisation a pris une ampleur sans précédent ces dernières années. À tel point que nos objets Web préférés ont désormais leur propre biennale artistique. Baptisée Memennial 2020: a Biennial 4 Memes, elle doit débuter courant décembre à Seattle, Dallas et Sydney sous la forme de projections live associées à des spectacles et des expositions en ligne. 

 
 
 
 
 
Voir cette publication sur Instagram
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Une publication partagée par (っ◔◡◔)っmemennial (@meme.nnial)

« Les mèmes subvertissent le débat plus rapidement que tout autre médium. Ils créent la société », expliquent ses créateurs dans un communiqué. Mieux, « ils font sortir le rire de nos entrailles sombres et caverneuses. » Alors, pourquoi s’en priver lors d’un prochain débat houleux ? 

Margaux Dussert - Le 7 déc. 2020
À lire aussi
premium2
premium2

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.