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Michael Bloomberg sur un fond rouge
© L'ADN

Politique : faire campagne avec des affiches, c'est ringard. Place aux mèmes !

Le 14 févr. 2020

Plutôt que d'attendre que les réseaux sociaux le transforment en mème, Michael Bloomberg prend les devants.

Après les GIFs qui se sont installés dans l’open space, les mèmes deviennent un moyen comme un autre de faire campagne comme un autre. En tout cas aux État-Unis, où la primaire démocrate bat son plein. En retard sur ses opposants, Michael Bloomberg a décidé d’utiliser l’humour pour séduire l’électorat démocrate américain.

Stratégie d’influence pour candidat milliardaire

Le 7 février 2020, le média The Daily Beast accusait le candidat de payer des influenceurs pour lui « donner une image cool ». Une utilisation des réseaux sociaux et de leurs stars qui pose question. En effet, les posts sponsorisés des influenceurs sont régulés par la Federal Trade Commission tandis que les publicités politiques sont sous l’autorité de la Federal Election Commission – laquelle n’a pas encore statué sur les règles à adopter sur Internet. Les publicité politiques sponsorisées par les influenceurs se retrouvent donc dans un flou juridique que l’équipe du milliardaire a décidé d’exploiter.

Il faut dire que Michael Bloomberg s’est lancé bien en retard dans la course à l’investiture démocrate. Heureusement, il peut miser sur son compte en banque de milliardaire pour compenser. Début décembre 2019, on apprenait ainsi que le candidat avait dépensé des milliers de dollars pour « acheter » le terme « climat » sur Google Ads. Cette fois-ci Michael Bloomberg va plus loin et a carrément décidé d’assumer sa stratégie d’influence avec humour et… des mèmes.

Miser sur les plus gros comptes de mèmes pour rattraper son retard

Sans lésiner sur les moyens, le candidat a donc fait appel aux plus grands comptes Instagram de mèmes comme @fuckjerry et ses 14,9 millions d’abonnés ou @kalesalad et ses 3,5 millions. À chaque fois c’est la même recette : une capture d’écran d’une conversation fictive entre Michael Bloomberg et le compte en question. Le candidat s’y moque de son âge – 78 ans – en prétendant ne pas connaître les usages du réseau et rappelle son statut de milliardaire en offrant une somme indécente à l’influenceur.

Kale Salad

 

 

Compte Instagram FuckJerry

 

 

Compte Instagram Tank Sinatra

Se transformer en mème, avant que les réseaux sociaux ne le fassent

Plus populaire que jamais, cet humour made in Internet a toujours eu la politique comme sujet. Alors plutôt que de devenir un mème contre son grès, Michael Bloomberg a préféré prendre les devants. Rien de très étonnant pour le spécialiste des réseaux sociaux Fabrice Epelboin qui évoquait « une nouvelle forme de langage universel que l’on verra dans chaque nouvelle campagne politique. » Encore faut-il bien maîtriser les codes de l’exercice. En France, on le sait, politiques et institutions ont encore bien du mal à s’approprier les codes des réseaux sociaux.

Alice Huot - Le 14 févr. 2020
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