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Oeuvre d'art réalisée avec des liquides comme le lait, l'eau et l'huile
© Joel Filipe via Unsplash

3 turbulences artistiques face à l'urgence climatique

Le 4 avr. 2019

Turbulences écologiques, sociétales, technologiques… À Lyon, le Festival d’art numérique Mirage s’interroge sur l’avenir de l’humain face aux conséquences du progrès. Lumière sur 3 initiatives d’artistes qui privilégient la « décroissance esthétique ».

À Lyon, la 7ème édition du Festival Mirage explore le thème des « turbulences » face aux urgences écologiques, sociales et technologiques de nos sociétés numériques. Et comme les économistes n’ont pas le monopole de la « décroissance » (un concept né dans les années 70 qui consiste à dire que la croissance économique est plus néfaste que bénéfique pour la société, ndlr), les artistes ont aussi leur carte à jouer pour imaginer un futur plus souhaitable : moins tech, moins anthropocentré et fonctionnant en symbiose avec le règne animal et végétal.

Dans un contexte de course à l’innovation, de plus en plus de projets et d’artistes s’emparent du concept de « décroissance esthétique ». Philosophie, acte de création alternatif, il consiste moins à renier le numérique qu’à concentrer la création artistique dans une dynamique plus humble, capable de prendre ses distances avec les « prouesses technologiques ».

G5 : le premier sommet inter-espèces

Avec son projet inter-espèces « G5 », la chorégraphe espagnole Rocio Berenguer inverse la hiérarchie des espèces et force l’humain à « négocier » son règne parmi 4 des formes de vie les plus puissantes sur Terre : les minéraux, les végétaux, les animaux et les machines. Mêlant danse, plantes connectées et animaux-cyborg, l’artiste membre de la compagnie Pulso à Marseille imagine alors la première législation inter-espèces mondiale… le fameux G5. « On va à l’encontre du point de vue nombriliste de Galilée, ironise l’artiste. Ici, l’humain est détrôné. Il découvre qu’il n’est pas le seul à avoir des émotions, à être doté d’intelligence, à fabriquer des outils. Je ne voulais pas imaginer un univers catastrophiste comme c’est souvent le cas : le naufrage de l’Europe, la fin du banquet où il n’y a plus que des restes, où les gens se sentent sales et moches… Je voulais quelque chose de positif et de constructif ».

Hybrisphère, le futur de l'énergie

Travaillant régulièrement avec des écoles, le studio de design français Maxwen se spécialise aussi dans la création de scénarios plausibles pour le futur de l’humain. Avec le projet « Hybrisphère », les fondateurs Gwenaëlle Bertrand et Maxime Favard ont par exemple incité des étudiants à formuler des hypothèses autour de l’énergie. Du jouet qui fabrique de l’électricité quand des enfants jouent avec aux capteurs capables de récupérer des ondes perdues dans le périmètre de prises électriques, tous les moyens sont bons pour imaginer une société vertueuse et circulaire.

DETOxification, la reconnexion à la nature

En matière de décroissance, la communauté DIY fait aussi figure de proue. Chaque été, hackers, artistes et geeks en tout genre se retrouvent dans les Alpes slovènes pour former le PIFcamp, sorte de colo d’une semaine à la croisée entre art, technologie et reconnexion à la nature. Ici, les participants jouent un rôle clé dans la vie de la communauté et peuvent utiliser nouveaux médias et technologies à condition de se plier à des valeurs de partage et de respect de l’environnement. Séances de bricolage, ateliers culinaires réalisés avec ce qu’on a sous la main… le PIFcamp les invite à réfléchir à leur rôle dans la construction d’une société technologique égale, durable et responsable.

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