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Tom Galle

Addiction à la tech : un artiste se moque de notre obsession des écrans

Le 9 nov. 2018

Sur les réseaux, l'artiste belge Tom Galle décortique notre addiction aux technologies. En vouant un culte aux écrans, il conjure sa propre dépendance avec humour. Prêts pour une interview #porntech ?

 
 
 
 
 
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#tomgalle 📸 @garethpon

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Une scène de bondage avec une fille emmêlée dans des câbles d’iPhone, un iMac sous plastique à utiliser dans une piscine, un casque de réalité virtuelle dans un bain moussant, une perche à selfie pour ordinateur, un filet de bœuf ou de saumon cru faisant office de smartphone... Sur Instagram, Tom Galle abreuve ses quelque 35 000 abonnés de créations toutes aussi absurdes les unes que les autres.

À coups de posts surréalistes et de détournements sarcastiques, l’artiste belge ressasse son obsession fétiche : notre dépendance au numérique. Selfies, surconnexion, sexe et intimité numériques... tout y passe ! Une passion "garde-fou" qui l’aide à conjurer une addiction qu’il reconnaît bien volontiers. « Les technologies que nous utilisons au quotidien nous obsèdent. J’en suis moi-même dépendant, je vais très loin avec et j’y cède facilement. C’est pour cette raison que je parviens à exprimer les sentiments et à montrer les comportements qui en découlent. C’est en cela que les gens s’identifient à ce que je fais », explique-t-il.

Vouer un culte aux écrans

 
 
 
 
 
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#tomgalle 📸 @hansgalle

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Car si nous sommes tous accros à nos écrans, Tom Galle, lui, leur voue carrément un culte. Agenouillé sur un prie-Dieu dans une église de Milan, l’homme s’amuse à se faire photographier tandis qu’il s’affaire sur son smartphone. Aussi "impie" que belle, l'image frappe. Sous l’une de ses publications Instagram, un utilisateur commente : « Je ressens quelque chose de particulier à chaque fois que je vois tes photos, mais je n’arrive jamais à savoir quoi. » Difficile de ne pas partager son avis, difficile de ne pas se sentir concerné par les créations de l’artiste, sans trop savoir pourquoi. On ressent de la gêne face à ce trop-plein de tech, peut-être même un peu de culpabilité. Il y a quelque chose de pornographique dans sa manière de malmener des composants électroniques trouvés à moindre coût sur eBay.

 
 
 
 
 
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#tb #tomgalle

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Tom Galle joue avec cette culture du mème engendrée par Internet et qui consiste à reprendre en masse et à décliner un élément de langage, une image ou un phénomène de façon humoristique. « Je ne juge pas notre dépendance aux nouvelles technologies, je ne dis jamais que c’est bien ou mal. J’essaie seulement de mettre en scène certaines bizarreries ou situations qui nous parlent à tous », rapporte-t-il en faisant référence au « Swipe » de Tinder, ce geste devenu familier avec l’adoption en masse de l’application de rencontres. Sur la plate-forme, les utilisateurs font glisser leur doigt vers la gauche ou vers la droite pour valider ou invalider le profil de quelqu’un. « Si vous m’aviez expliqué le concept de Tinder il y a cinq ans, je vous aurais ri au nez. C’est quand même assez récent cette manie de swiperles autres ! Ce qui m’intéresse là-dedans, c’est de placer un miroir devant les gens pour leur montrer à quel point les choses vont vite, la facilité avec laquelle ils intègrent de nouveaux comportements, de nouvelles gestuelles », poursuit-il. Avec son projet Tinder VR, Tom Galle imagine l’évolution du concept de Tinder dans cinq ou dix ans. Casque de réalité virtuelle vissé sur la tête, il se promène dans la rue en « swipant » dans le vide, sans prêter attention aux passants et à leurs regards interrogateurs. Drôle et pathétique à la fois.

L'absurde comme garde-fou 

 
 
 
 
 
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#tb

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« Ce qu’il y a d’intéressant avec Internet c’est que c’est infini, inépuisable en termes d’inspirations. C’est tout aussi intéressant que de marcher dans la rue ! C’est pour cette raison que je suis si attaché à la culture du mème. Elle transmet des messages simples dans lesquels tout le monde peut se reconnaître. » Tout le monde oui, mais surtout les plus jeunes. Parmi ses abonnés Instagram, « les 18-24 ans et les 24-31 ans sont majoritaires », souligne-t-il avec la précision d’un Community Manager. Fruit de la mondialisation, la culture du mème fait rire, touche et fédère des individus qui n’ont a priori rien de semblable mais qui se rassemblent sous l’étendard d’automatismes et de gestes communs. Chez Tom Galle, nos obsessions tech qui tendent à nous éloigner les uns des autres, endossent ce rôle de liant.

 
 
 
 
 
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Créatif publicitaire le jour, expérimentateur et artiste le soir, il décline ses inventions loufoques de la même manière qu’il pense des concepts pub pour les marques : à la chaîne. Pourtant, il y a un ras-le-bol, une envie de faire plus que de penser, d’exécuter et de poster un concept sur les réseaux. « Aujourd’hui, je crois que j’ai besoin de prendre mes distances avec Internet, confie-t-il. Lorsque vous atteignez un extrême, vient un moment où vous avez envie de l’extrême opposé, de vous déconnecter totalement. » Mais arrive-t-on jamais à guérir de ce type d’addiction ? « Je ne suis pas sûr que nous ayons besoin d’être guéris. Il n’y a pas de façon idéale de vivre la chose. Du moment que l’on ne devient pas fous… »

 
 
 
 
 
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#tomgalle @johnyuyi @moisesnotfound for @feltzine @creators_project - Article in bio

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Cet article est paru dans la revue 16 de L'ADN consacrée aux nouveaux rituels. Pour en lire plus, vous pouvez commander votre exemplaire ici.


À VOIR 

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