6 femmes cryptoartistes à découvrir d'urgence

6 femmes cryptoartistes à découvrir d’urgence

© Stellabelle

Trash Art, female gaze, Art of Internet, images dopées à l’intelligence artificielle… Les NFT ont fait naître de nouvelles esthétiques. Une sélection de 6 artistes pour vous faire découvrir ces courants émergents. 

JessyJeanne, des paillettes et des frites

Dans les œuvres de JessyJeanne, on trouve des filles aux visages de poupon, des strass, des Barbie, et aussi pas mal de frites. L’artiste franco-libanaise se revendique du « Girly Trash », un courant artistique qui croise une esthétique girly à des éléments violents ou crades comme des cigarettes, des pistolets ou de la mal-bouffe. « C’est un moyen de se rebeller contre les représentations de femmes douces et jolies, mais aussi une façon de dire que les femmes peuvent être trash sans que ça en fasse des hommes. On peut être girly, tout en étant forte et intelligente », explique-t-elle. Elle est également à l’origine d’une collection d’avatars baptisés « Web3 Besties » : des portraits de poupées à l’air badass mêlant aquarelle et illustration numérique. En parallèle de son activité d’artiste, JessyJeanne mène différents projets dans le web3 : la DAO Art From Future et le catalogue Gxrls Revolution, co-fondé avec Annelise Stern. Il met en avant 100 artistes NFT femmes et non-binaires, qui restent sous-représentés dans les médias et les événements du web3. Seulement 24% de femmes étaient intervenantes lors d'évènements web 3 en France en 2022, rapporte Gxrls Revolution.

Stellabelle, hyperproductive et trasheuse

Une Kim Kardashian aux yeux dégoulinants, un Hervé Epstein dévorant des petits enfants, une Frida Khalo psychédlique, des morceaux de viande générés par intelligence artificielle… L'œuvre de Stellabelle est prolifique et surréaliste. Elle mélange collage, illustration numérique, Gif et intelligence artificielle. Cette artiste américaine est aussi une figure active du trash art. Ce mouvement transgressif a été initié par l’artiste Robness. En 2020, il crée une série de « Trash GIF » avec des poubelles comme sujet principal pour contester l’exclusion de Max Osiris de SuperRare. L’artiste est accusé par la plateforme de ventes de NFT de reprendre des images déjà existantes sur le web. Depuis Robness organise régulièrement des expositions décentralisées sur les réseaux sociaux auxquelles différents trasheurs et trasheuses participent en publiant sous le hashtag « trashart » ou « teztrash » des gifs vite faits reprenant parfois la poubelle comme symbole, qu’ils vendent quelques centimes. 

Kill the Selfie, Stella Belle, Edition of One

Hermine Bourdin, la pionnière

Cette artiste française a été l’une des premières en France à s’emparer des NFT, et à en faire un nouveau champ d’exploration. Ses sculptures physiques trouvent une seconde vie dans des Gifs. Elles sont souvent inspirées du corps des femmes. Dans la collection WHEN SCULPTURE MEETS DANCE, Hermine Bourdin fait danser l’une de ses sculptures. Pour cela, elle a réalisé un scan 3D de la pièce, sur laquelle ont été modélisés les mouvements de la danseuse de l’Opéra de Paris Eugénie Drion. Hypnotique. 

Ethel Lilienfeld, pas si lisse

Quelque chose ne tourne pas rond dans les portraits d’Ethel Lilienfeld. Ses modèles sont beaux, leur peau est lisse comme sur les filtres Instagram, mais en regardant de plus près, on remarque une peau de cou fripée ou des yeux qui louchent. Ces images modifiées avec l’intelligence artificielle reprennent le format et les couleurs pop et dégradées des stories d’Instagram. L’artiste française de 27 ans interroge notre rapport au beau à travers ces êtres ni tout à fait réels, ni tout à fait fake

Ethel Lilienfeld, @Two, The Acroliths

Alohaleila, cocktails d’icones

Dans les Gifs d’Alohaleila on retrouve le style “Art of Internet” - l’imagerie du web des années 2000, ambiance MySpace. Les collages de cette artiste française autodidacte mettent en scène des icônes pop comme la star de téléréalité Afida Turner, Britney Spears et David Hasselhoff ornées d’élements symboliques et d’inscriptions en Katanaka, l’alphabet japonais employé pour nommer les mots étrangers tels que la Mayonnaise ou Starbucks. 

STEPHANE, lover boy, Alohaleila

Megan Laurent, le female gaze 

Megan Laurent est son propre modèle. Elle se met en scène, et se prend en photo sous toutes les coutures de manière brute, selon son humeur. Elle voit l’autoportrait comme un outil poétique. Comme dans la série KISS OF VENUS où l’on voit sa bouche en gros plan se prêtant à toutes sortes de mimiques, les dents parfois légèrement déplacées. De nombreuses femmes cryptoartistes ont adopté le genre de l’autoportrait. Leur art se veut représentatif d’un “female gaze”, affranchi du "male gaze", ce regard d’homme hétérosexuel, qui fait des femmes un objet de désir et de plaisir au cinéma, dans les publicités, les magazines...

Pour découvrir d’autres artistes NFT, nous vous recommandons la lecture du catalogue Gxrls Revolution, disponible ici. 

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