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Margaux de Fourville sur Twitch
© BFMTV via Twitch

BFMTV sur Twitch : « On montre que les journalistes ne sont pas des robots sur un plateau TV »

Le 18 mai 2021

Après un premier live mouvementé, la chaîne Twitch de BFMTV a trouvé son rythme de croisière. Retour d’expérience sur une rencontre entre la télévision et le web. 

Souvenez-vous. Le 3 mars 2021, BFMTV lançait pour la première fois un live sur la plateforme Twitch au milieu des moqueries de trolls et des émojis en forme de pénis. La cheffe de service santé Margaux de Frouville avait essuyé ce bizutage provenant notamment des forums de jeuxvideo.com. Et puis les choses étaient revenues à la normale dans le paysage médiatique. Enfin..., pas complètement. 48h plus tard, BFMTV lançait un autre live. Au rendez-vous, 20 000 personnes en moins, mais une ambiance plus apaisée et agréable. Depuis, la chaîne cumule près de 39 000 followers, et même si Margaux de Frouville est devenue au fil du temps, l’incarnation du média sur la plateforme, d’autres formats sont testés. Au programme : politique, faits divers ou même mangas. Julien Mielcarek, directeur des rédactions digitales du groupe et Margaux de Frouville reviennent sur ce lancement mouvementé et les changements qu’apporte Twitch aux médias traditionnels. 

Comment est venue l’idée de lancer des streams sur Twitch ? Est-ce que le succès de Samuel Étienne a joué ?

Julien Mielcarek : Cela faisait plusieurs mois que Marc-Olivier Fogiel avait lancé l’idée de créer des streams sur Twitch. À chaque fois que de nouveaux usages apparaissent sur une plateforme sociale et que cette dernière gagne en importance, on se demande naturellement si c’est intéressant pour nos marques et nos médias d’y aller. On l’a fait avec Snapchat et TikTok, et le succès de Samuel Étienne a conforté l’idée que Twitch devenait plus large et plus ouverte. 

Margaux de Frouville : Il y a toujours une forme de méfiance vis-à-vis de la nouveauté. Je me rends bien compte que la plateforme était considérée comme la chasse gardée des gamers. Voir débarquer des médias extérieurs est sans doute une expérience désagréable, mais une fois passé le bizutage du premier live, je pense que c’est bénéfique sur le long terme. Ça permet de faire découvrir Twitch à des gens qui ne connaissent pas forcément et ça nous oblige aussi à nous réinventer et à imaginer de nouveaux formats d’écriture. 

À ce propos, comment s’est passée l’adaptation entre le format télévisuel et le stream interactif ?

J.M. : On est arrivé avec une posture très humble. On a beaucoup regardé ce qu’il se faisait sur la plateforme afin de comprendre les codes et on savait qu’il fallait mettre l’accent sur les interactions avec le chat, mais aussi sur le ton forcément moins formaté que celui d’un plateau de télévision.

M.d.F. : Les viewers de Twitch ne veulent pas que la plateforme se transforme en nouvelle télévision et l’interaction avec le chat fait qu’on adopte naturellement un ton moins formel et plus porté sur la conversation. C’est aussi une expérience très agréable de pouvoir travailler comme ça, d’autant qu’on nous pose des questions très pointues qui nous ouvrent les yeux sur des problématiques que l’on n’avait pas vues auparavant. Le fait de pouvoir faire des recherches en direct ou bien de dire simplement qu’on ne sait pas et qu’on aura une réponse précise au prochain stream, c’est aussi très important. Ça rend notre travail plus humain.

BFM, ainsi que d’autres médias, ont été critiqués pendant la crise des Gilets jaunes. On vous a accusé d’être déconnecté des gens. Twitch est-elle une solution pour remédier à cette impression ?

J.M. : On est conscients du problème. Avant même la pandémie on avait mis en place une boîte mail pour permettre aux gens de poser leurs questions. Avec l’arrivée du Covid, cette dernière a explosé au point de consacrer une émission à 11h30 pour répondre directement aux questionnements. Twitch est finalement la continuité de cette démarche

M.d.F. : En plus des questions sur les sujets qu’on aborde, on a beaucoup d’interrogations sur notre manière de travailler. On nous demande comment on gère nos sources, comment on vérifie les informations et même comment les bureaux sont agencés et comment on entre en studio. Avec Twitch on peut mettre fin à cette boîte noire qu’est le journalisme. 

David-Julien Rahmil - Le 18 mai 2021
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