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Une famille de 4 personnes de dos en train de regarder la télévision
© skynesher via GettyImages

Le grand gagnant du confinement n’est pas Netflix, c’est le JT de 20h

Le 6 avr. 2020

On pensait que le confinement bénéficierait surtout aux services de streaming. Mais la télé n'a (toujours) pas dit son dernier mot.

À l'annonce du confinement, on aurait juré que Netflix et ses concurrents occuperaient tout notre temps libre. Résultat : ce sont les audiences de la télévision qui explosent. D'après les chiffres de Médiamétrie, les Français n’ont jamais passé autant de temps devant la télé. Chaque jour, c’est 4h29 en moyenne devant le petit écran, soit 44 minutes de plus que l’année dernière.

La tendance se vérifie aussi chez les plus jeunes, qu'on voyait déjà saturer la bande passante pour binge watcher leurs séries préférées. Au contraire, les 15-24 ans ont décidé de rallumer la télé. D’après Médiamétrie, 57% des jeunes ont regardé la télé en mars 2020. L’année précédente ils n’étaient que 36,5%. Sur TF1, les téléspectateurs ont augmenté de 60%, note Le Figaro.

Un retour aux fondamentaux

En temps de crise, on se replie sur nos fondamentaux. Ça vaut aussi pour les médias, et ça profite au journal de 20h qu’on annonçait pourtant mort. Les chaînes d’infos ont beau cumuler près de 400h d’informations sur le coronavirus chaque semaine, ce sont bien les journaux télévisés traditionnels qui ont le vent en poupe. Depuis le 16 mars et le discours d’Emmanuel Macron qui a réuni 20 millions de téléspectateurs, les audiences ne tarissent pas. L’intervention d’Édouard Philippe le 23 mars a également généré un pic, avec près de 12 millions de téléspectateurs sur TF1.

Ce retour au bon vieux JT est particulièrement marqué chez les jeunes. Sur France 2, les 15-34 ans sont passés de 350 000 à 830 000 en moyenne chaque soir. Sur TF1, on enregistre 765 000 jeunes en plus. Les 15-34 ans sont donc 1,3 million chaque soir. L’intérêt grandissant pour le 20h s’accompagne d’une grande méfiance envers les chaînes d’info en continu. Interrogés par La Revue des médias de l’INA, certains téléspectateurs indiquent limiter leur exposition aux infos en continu jugées trop anxiogènes. Comme Alice, 23 ans, qui préfère le JT de 20h « pour avoir un résumé global de la situation au quotidien ». Pour Béatrice, 33 ans, il s’agit surtout de ne pas se sentir coupée du monde. En somme, vivre une expérience collective jusque dans la consommation des médias.

La télé-doudou qui rassemble

Les chaînes historiques profitent donc de notre besoin, interdit par le confinement, de nous réunir. Entre émissions de divertissement, films patrimoniaux et information, elles rassemblent petits et grands. Diffusé sur France 2, « La Grande Vadrouille » sorti en 1966 a réuni 500 000 millennials. Le jeu « N’oubliez pas les paroles » compte 200 000 téléspectateurs de moins de 35 ans en plus depuis le début du confinement. Même phénomène sur M6 où l’audience de « Top Chef » (11e saison) a augmenté de 39% sur la cible 15-34 ans. Et les émissions dont le public était déjà jeune comme « Koh-Lanta » (21e saison) continuent de remporter les faveurs des millennials et de leurs juniors.

Plus que jamais, la télé-doudou nous permet de lutter contre l'anxiété et de se rassembler tout en respectant le confinement.

Alice Huot - Le 6 avr. 2020
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  • C'est la toute la force du linéaire ! A la différence du net, il y a une vraie neutralité en plus de divers Replay (avec des avantages écologiques contrairement au streaming sur le net) sur les chaînes privées Tnt des grands groupes. D'ici à trois ans, il y aura aussi le déploiement du Dvb-t2 qui permettra peut-être la Vod (comme au Royame'Uni avec Select TV) et autres services interactifs semblables au web au format XML ainsi que la télé mobile. Il suffirait d'un téléviseur ou un un décodeur TNT à noa norme Dvb-t2 avec une application sur smartphone ou un featurephone via mes SMS et le tour est joué. Dire que la télé est morte est d'une stupidité infâme tout ça parce-que ça ne ne serait pas assez rentable selon Sébastien Soriano alors qu'il suffirait d'accélérer la mise en place de la nouvelle norme Dvb-t2 pour avoir une sorte d'alternative crédible au Web avec beaucoup moins de contenus certes mais avec beaucoup plus de simplicité pour que ce soit accessible au plus grand nombre sur le modèle des bouquets satellite. Le cinéma n'a pas tué le théâtre. La télévision n'a pas tué le cinéma. Donc le net ne tuera point la télé.