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Où vont les supporter de Trump ?
© Marc Nozell via Wikimédias

MeWe, Parler, Rumble : ces réseaux sociaux qui deviennent le refuge des pro-Trump

Le 13 nov. 2020

Les électeurs les plus extrémistes de Donald Trump ont décidé de faire sécession du reste du web pour migrer vers des plateformes sociales plébiscitées par l'extrême droite.

Créés au moment de l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, les réseaux sociaux de la alt-tech (comprenez, des plateformes principalement occupées par des membres de l'extrême droite américaine) connaissent un second souffle. Plusieurs applications sortent notamment du lot : il s’agit de Gab, Parler, Rumble, ou encore MeWe. Ces dernières attirent tout les mécontents de l’élection de Joe Biden, mais aussi les militants qui ont été bannis des réseaux mainstream et notamment de Facebook. Petit passage en revue.

Parler, le Twitter préféré de la Alt-Right

C’est quoi ?

Créé par les informaticiens John Matze et Jared Thomson en 2018, Parler est une sorte de Twitter décomplexé sur laquelle les propos haineux, sexistes, antisémites ou racistes sont tolérés. Très utilisé par la Alt-Right (une partie de l'extrême droite américaine réunissant notamment des néo-nazis ou des incels), le réseau accueille aussi plusieurs personnalités comme le fils de l’ancien président américain Eric Trump, ou bien le sénateur Ted Cruz. Du côté des Français, on retrouve Marion Maréchal-Le Pen, le cadre du parti RN Jean Messiah, ou bien le communicant proche du groupuscule Génération Identitaire Damien Rieu.

Quelle progression ?

L’application est passé en tête des téléchargements sur l’AppStore et Google Play la semaine des élections. Le nombre d’inscrits est passé de 4,5 millions à 8 millions en quelques jours. 100 000 membres des 300 000 que comptait le groupe banni par Facebook “Stop the Steal” y ont trouvé refuge.

Gab Network : la plateforme des néo-nazis

C’est quoi ?

Créée en août 2016 par Andrew Torba, Gabg.ai est une plateforme dérivée du réseau social libre Mastodon. Plutôt discret avec 200 000 à 300 000 utilisateurs en 2018, le site hébergeait notamment des néo-nazis et des suprémacistes blancs. Il fut le refuge de l’Américain Robert Bowers, responsable de l’attentat qui a eu lieu dans la synagogue de Pittsburgh, samedi 27 octobre 2018. Après avoir été lâché par son hébergeur, le site a finalement été remis en ligne, grâce à la plateforme d'hébergement Sybil. Son audience reste toutefois très confidentielle.

Quelle progression ?

D’après Andrew Torba, le site aurait reçu un afflux de 7,5 millions de visites en une semaine et près de 7,7 millions de visiteurs sur l’ensemble du mois d’octobre, soit une augmentation de 99 % de la fréquentation du site. Attention cependant, les déclarations de cet entrepreneur doivent être prises avec des pincettes. D’après le témoignage d'un ingénieur travaillant chez l'hébergeur Sybil, Gab n’a matériellement pas la capacité de revoir plus de quelques dizaines de milliers d'utilisateurs.

Rumble, le YouTube des pro-Trump

C’est quoi ?

Il s’agit d’une plateforme vidéo tout ce qu’il y a de plus normal. Cette dernière possède toutefois un modèle économique différent de YouTube et des partenariats exclusifs avec des marques comme MTV, Xbox, Yahoo ou MSN. Concrètement, les utilisateurs reçoivent 50 dollars si leur contenu est repris par un annonceur et 100 dollars si la vidéo arrive sur la frontpage. Largement utilisé par les supporters de Donal Trump, la plateforme héberge de très nombreux contenus conservateurs, allant des publicités de campagne pour l'ex-président ou des discours de son entourage politique.

Quelle progression ?

Difficile d’avoir des chiffres exacts mais d’après la plateforme, le nombre de vues serait passé de 60,5 millions le mois dernier à une fourchette variant entre 75 à 90 millions pour les dernières semaines. Son CEO indique d’ailleurs sur Twitter que l'arrivée massive de viewers provient surtout de Parler, signe que des réseaux se forment entre les différentes plateformes.

MeWe : le clone des groupes Facebook

C’est quoi ?

Créé en 2011 par Mark Weinstein, un entrepreneur du web qui clame avoir inventé le concept de réseau social, MeWe était parfaitement inconnu du public jusqu’à ce que la plateforme arrive à la deuxième place des applications les plus téléchargées sur l’AppStore. Le service avait déjà connu un afflux de visiteurs en 2019, lorsque Facebook a commencé a bannir les groupes anti-vaccins de ses pages. À présent MeWe accueille surtout des supporters de Trump mais aussi de QAnon qui ont plus de mal a s’exprimer sur les plateformes mainstream.

Quelle progression ?

Durant la semaine des élections, le réseau aurait reçu 218 000 nouvelles inscriptions (selon Mashable). Le site clame avoir eu 5 millions d’utilisateurs en 2019, un chiffre correct... mais incomparable aux 2,7 milliards de Facebook.

David-Julien Rahmil - Le 13 nov. 2020
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