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Des membres du Ku Klux Klan

Avec Gab Network, découvrez l'alt-tech : l'internet parallèle des fachos

Le 29 oct. 2018

L’attentat de la synagogue de Pittsburgh a fait découvrir le réseau social Gab Network. Plusieurs messages antisémites y avaient été postés par l’auteur de la tuerie. Alors que la plateforme vient d'être fermée, d’autres sites de l'Alt-Tech, une nébuleuse de sites et de services d’extrême droite, continuent de répandre la haine.

L’attentat qui a eu lieu dans la synagogue de Pittsburgh, samedi 27 octobre a entraîné un coup de balai dans la fachosphère américaine. En effet, le suspect de la fusillade, l’Américain Robert Bowers, avait pour habitude de poster des messages antisémites sur un réseau social prisé par les néo-nazis, Gab Network. 

Deux jours seulement après l’attaque, la plateforme a été mise hors ligne. Au lendemain de la tragédie, PayPal annonçait déjà l’interruption de son service sur le réseau social. Lundi, ce fut au tour de Joyent, son fournisseur d’accès à internet, de couper littéralement les ponts avec cette copie de Twitter. Depuis, le site est hors ligne et affiche sur sa home page, un message indiquant qu’il « subit une attaque ».

L'alt-tech

Gab Network, appartient à une nébuleuse de sites et de services d’extrême droite qu'on appelle l'Alt-Tech. Apparu durant l'année 2017, ce mouvement est né après la suppressions de comptes Twitter d'influenceurs extrémistes comme Hunter Wallace ou Kyle Chapman. Vendu comme un moyen de lutter contre « l'insupportable censure » des grosses plateformes web, ces sites sont surtout des tribunes ouvertes aux propos les plus haineux et racistes.

On y trouve par exemple PewTube, une alternative à YouTube (qui a fermé en août 2018)MetaPédia, le Wikipédia de la suprématie blanche, Vote, l’équivalent extrémiste de Reddit ou bien encore des plateformes de crowdfunding comme Counter.FundGoyfundme ou Hatreon. Gab Network était elle-même passée par ces sites de financement participatif en août 2017 et avait pu remporter un million de dollars. 

Plateforme de haine

Créé en août 2016 par Andrew Torba, un supporter de Donald Trump, issu de la Silicon Valley, Gabg.ai se définissait comme une version « libérée » des réseaux sociaux classiques comme Twitter ou Facebook. D’après l’essayiste Tristan Mendes France, interrogé par Conspiracy Watch, la plateforme avait pour objectif « d’accueillir tous les militants de l’alt-right, une nébuleuse qui recouvre les racistes, les antisémites, les conspirationnistes et les homophobes américains. » 

L’ensemble aurait compté environ 200 000 à 300 000 utilisateurs, ce qui en faisait une plateforme plutôt confidentielle. Mais sa taille n’empêchait pas le partage de contenus violents ou haineux, appelant notamment au meurtre de Juifs. 

En décembre 2016, l’app store d’Apple avait déjà retiré l’application de son catalogue en indiquant que le réseau diffusait de la pornographie et des messages de haine. En août 2017, c’était au tour de Google de retirer l’application de Google Play. 

Haro au portefeuille

Ce n’est pas la première fois que les entreprises de la tech décident conjointement de fermer un robinet à haine. Cette année, le commentateur conspirationniste Alex Jones avait aussi vu ses comptes YouTube et Twitter fermer à cause de ses propos polémiques sur la fusillade de l’école Sandy Hook. Cependant, ces mesures étaient arrivées plus d’un an après les évènements et après de nombreux débats sur la liberté d’expression et les risques de censure. Le mouvement n'est toutefois pas récent. 

En 2016, déjà, les Sleeping Giants avait fait grand bruit pendant la campagne électorale américaine. Ce mystérieux groupe d'internautes dénonçait sur Twitter les marques qui passaient leur publicité, sans vraiment le savoir, sur le site emblématique de l'alt-rightBreitbart News. En France, leur action a permis de retirer 520 annonceurs du site Boulevard Voltaire. Comme quoi, attaquer le portefeuille reste toujours efficace.


Crédit : Black Klansman

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